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Du printemps plein les sens

J’avance tranquillement sur le trottoir. J’ai une destination en tête, mais je ne suis pas pressée de l’atteindre. Je prends le temps de laisser vagabonder mon regard d’une flaque d’eau à l’autre, d’une branche dénudée à sa voisine dont la vitalité renaît tranquillement, puis du ciel dont la lumière éclatante fait plisser mes yeux jusqu’aux derniers amas de neige qui tardent à disparaître. Je vois le printemps et je m’émerveille.

Je respire profondément. L’air tiède pénètre dans mes narines et me fait l’effet d’un baume sur le cœur. Le printemps dégage cette odeur particulière, unique, qui se distingue de celle des autres saisons par la sensation de bien-être et de renaissance qu’elle procure à ceux et celles qui s’y attardent un tant soit peu. Je sens le printemps et je m’en délecte.

Sur le chemin, j’étire le bras de temps à autre afin que, du bout des doigts, je puisse toucher la délicatesse qui éclot avec vigueur au gré de mes pas. Je sens les rayons du soleil effleurer ma peau, doucement, comme une mère flatte son enfant à son réveil. C’est si réconfortant de sentir sous ses doigts la nature renaître après qu’elle ait sommeillé si longtemps. Je touche le printemps et je me sens privilégiée.

Lorsque je traverse le parc, le chant des oiseaux revenant faire leur nid dans les arbres encore dénudés me vient aux oreilles comme l’écho d’un hiver sans vie. Cette mélodie est la berceuse idéale pour cette promenade printanière. J’entends également les gazouillis des enfants qui se réjouissent de la fonte de la neige en sautant à pieds joints dans les flaques qu’elle laisse en souvenir des jours glacials. J’entends le printemps et ça me donne envie de danser.

Un brin d’herbe frais entre mes lèvres, puis un délicat pétale de tulipe déposé sur ma langue. Je goûte cette saison de grâce. Mes papilles s’éveillent au monde de possibilités que la chaleur annonce. Je goûte le printemps et je fonds en extase.

Je vis le printemps à travers tous mes sens, qui se mettent en alerte dès que les premières brises tièdes se pointent le bout du nez au détour de l’hiver. Je vis le printemps de tout mon être et je me sens renaître avec lui.

Source photo de couverture: Unsplash

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