Menu

S’aimer dans un monde qui hait

Encore une fois, un système pénal de loi divine prend le dessus sur la dignité humaine. L’amour perd face à la haine.

Le cas de Brunei, qui fait les manchettes en ce moment1, n’est pas un cas isolé. La répression que vivent les homosexuel.es à travers le globe est bel et bien réelle, mais surtout, réellement injustifiée.

76 pays dans le monde2 punissent comme un crime des gens qui s’aiment, au nom « de la justice et du bonheur »3.

Au nom de la justice et du bonheur, criss. On veut protéger les pauvres gens qui se sentiraient donc ben menacés par deux personnes de même sexe qui s’aiment.

BEN VOYONS.

C’est moi ou, reculer au lieu d’avancer, c’est exactement ça? C’est moi ou, me semble qu’au lieu de casser davantage de pots, on devrait rapidement s’affairer à en réparer?

En 1948, on a pris la peine de créer la Déclaration universelle des droits de l’homme. Si tout ne faisait pas accord, et que beaucoup de divergences demeurent, deux points majeurs ont été établis et sont la base même de cette déclaration.

  • Y est reconnu que ce qui fonde l’égalité des droits humains et leur caractère inaliénable, c’est la dignité de tous les membres de la famille humaine sans exception;
  • Y est reconnu que le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde, c’est la dignité humaine.

La définition de la dignité humaine varie, comme le concept est employé dans différents domaines et à différentes fins. Pourtant, tous s’entendent pour dire qu’elle est inaliénable. On ne peut pas l’enlever. Point à la ligne.

Paul Ricœur disait que le concept de dignité humaine renvoie à l’idée que « quelque chose est dû à l’être humain du fait qu’il est humain »4. L’essence même de l’être humain; tout le monde aurait droit à la même, et en même quantité. Inaliénable, non négociable, qui que soit le sultan, le président, le tyran.

Je ne sais pas, ça me choque tout ça. Je n’ai même pas de solution, à vrai dire. Je ressens juste un sentiment d’injustice ben ben fort, et j’ai le cœur ben ben gros. C’est loin de nous, mais ça me semble proche. Tout ce qui nous unit à ces gens-là, c’est bien plus profond qu’une orientation sexuelle. On est tous humains; penser que nous ne sommes pas tous traités comme tel, c’est toujours une claque au visage. On l’oublie parfois.

Et si on prenait le temps de s’aimer, de célébrer l’amour plutôt que de la bannir et de la punir. La chérir, la propager, cesser de se diviser, chercher à s’unir.

***

Références

  1. ledevoir.com
  2. france24.com
  3. ouest-france.fr
  4. Paul Ricœur, in J.-F. de Raymond, Les Enjeux des droits de l’homme, Paris, Larousse, 1988, p. 236-237

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

© La Fabrique Crépue. 2019. Tous droits réservés
Une réalisation de