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J’attends ton texto

Jour 8

On s’est revu hier soir pour une troisième fois. J’ai encore le ventre qui chatouille et l’effet magique que me fait au cœur une si parfaite soirée en ta compagnie. J’étais bien et j’ose aussi croire que tu l’étais. Depuis que tu as traversé le cadre de ma porte, tu as disparu. On s’est échangé un petit message cute et cliché « post dating » quand tu es arrivé chez toi et depuis, j’attends ton texto. Ce n’est pas la première fois que ça se produit, mais je me dis à chacune des fois que tu avais peut-être été mangé par ton patron au travail ou que tu dormais peut-être depuis 17 h hier. T’sais, je peux comprendre que ça peut arriver aussi d’oublier d’appuyer sur le bouton « envoyer » de son téléphone. Je ne sais pas si ce dernier bout de phrase là est un sarcasme ou non, je médite encore là-dessus à l’heure actuelle.

Jour 10

Tu m’as finalement donné des explications à tes longues absences. Si j’ai bien compris, tu es occupé, tu traverses une période intense dans ta vie personnelle et professionnelle et je ne devrais pas m’inquiéter s’il y a un délai. Ta solution? Dorénavant, j’arrête de trop réfléchir et tu me répondras dès que « tu as du temps. »

Ah, le temps. Cette fameuse notion du temps qui est différente d’une personne à l’autre.

Une partie de moi se convainc que tu es vraiment mature et indépendant de voir ainsi la situation. J’ai par contre l’autre partie de moi qui fait le calcul avec l’aide de sa calculatrice d’iPhone pour réaliser qu’à l’intérieur de 24 heures, on y compte 86 400 secondes. En fin de compte, je te demande environ 8 secondes de ces 86 400 secondes-là pour me donner des nouvelles, quitte à me contenter de 3 ou 4 mots incluant un emoji juste pour avoir un signe de vie et d’intérêt de ta part.

J’ai fini par m’excuser de trouver ça problématique de te demander 8 secondes dans ta journée pour me verbaliser tes attentes ou ton ressenti sur la communication qui est possible entre nous en ce moment.

Jour 15

Je ne compte plus le nombre de fois où tu disparais de l’après-midi au lendemain matin tout en revenant en force chaque fois avec une excuse ou une raison tout aussi rocambolesque et différente. Mindfuck total. Lorsqu’on est ensemble, je plane et je me sens femme, libre, vivante. Lorsque je te vois repartir dans ton monde, je sais que je te perds jusqu’à la prochaine fois.

Pendant ce temps, je t’invente chaque fois 2-3 vies et des scénarios qui auraient du sens à mes yeux.

**À toi qui lis ces mots et qui attends patiemment un texto ou un appel qui ne vient jamais, ou toujours beaucoup trop tard, tu les mérites ces 8 secondes-là. Répète ces mots-là. Ça a l’air tellement banal comme affirmation positive, mais entre moi et toi, on se l’est tous déjà demandé si on les méritait.

Je peux d’ailleurs te conseiller de prendre ton courage et ton amour propre par les mains et de verbaliser à l’autre ce que tu ressens. Être dans l’attente sans communiquer ses besoins, ça peut être très destructeur, et ce, peu importe le niveau de la relation. C’est destructeur autant pour l’autre qui porte une pression constante de devoir se justifier que pour toi qui ne te sens pas valorisée et importante.

J’ose encore croire que lorsque quelqu’un voit mon texto ou mon appel, ça lui fait un petit je-ne-sais-quoi et que l’envie de me répondre est présente. Une citation populaire (**** je ne sais pas comment l’expliquer) explique que la plus belle chose que l’on peut offrir à quelqu’un, c’est son temps. Il y a une partie de moi qui a décidé d’y croire maintenant à l’aube de mes 29 ans.

Je devrais encore attendre son texto.

Mais je ne l’attends plus.

Il y a quelque part dans le monde quelqu’un qui croit que je les vaux ces 8 secondes, mais la première personne qui doit croire que je les mérite, c’est moi.

Par Émilie Potvin

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