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Ces amours qui ne reviennent jamais (même si on attend toujours un peu qu’ils le fassent)

Il me semble qu’on passe notre vie à attendre. Attendre que le secondaire finisse, attendre que le micro-onde fasse « ding », attendre d’avoir 18 ans, ou 21, ou 34, ou cet âge raisonnable qui fera de nous un adulte, attendre l’autobus au coin de la rue, attendre que l’été revienne enfin, attendre de croiser la personne parfaite, attendre de recroiser la personne parfaite, après l’avoir perdue.

On est toujours là, à regarder nos montres, à faire des x sur nos calendriers, à espérer que quelque chose de super nous arrive, que le bonheur nous tombe soudainement dessus « paf », pis que finie soit l’attente.

On attend que l’événement déclencheur de notre vie se déclenche pour qu’enfin finisse notre maudite situation initiale pas de rebondissement, pas de folies, à jamais se sentir assez prêt, assez fort, assez grand pour la suite.

On se dit qu’on a des jobs en attendant, on se dit « à la prochaine paie, je règle ma Visa », on se dit « demain, je me lève et je l’écris le roman que j’ai toujours eu envie d’écrire », on se dit que « bientôt ça sera le bon moment », on attend le timing, on souffle sur nos dés sans jamais les laisser tomber sur la table, ayant trop peur de ne pas lancer un double.

On attend.

On attend cette grande histoire d’amour pour être comme nos parents, les seuls de leur gang à être encore ensemble après 30 ans, ou pour être l’inverse de nos parents qui se sont séparés trop tôt à notre goût et qu’on aurait donc voulu qu’ils s’aiment et reviennent ensemble comme dans les films (Les deux font la paire, allô le rêve!).

Et quand on se plante, quand on se casse la gueule de tout notre long dans les fleurs du tapis, quand on brise un amour qu’on avait pas fini d’aimer, et bien on attend, comme pour la réconciliation de nos parents, que cet amour revienne, qu’il n’aie pas sacré son camp pour toujours, qu’il revienne sur son cheval blanc lancer des roches à notre fenêtre pour nous dérouler un parchemin d’acrostiches débordants de toutes les qualités qu’on a, pis qu’on n’a pas encore tout à fait, mais qu’on essaie fort d’avoir.

Parce que c’est rassurant d’attendre, d’éviter les finalités. C’est rassurant de se dire que si ça ne va pas bien, c’est que ce n’est pas la fin, parce que toutes les fins sont heureuses, on a « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » de tatoué sur le chest.

C’est normal de se dire que ce qui était beau va revenir et au final, ça fait en sorte que quand du nouveau beau apparaît, du beau différent, ben on a été un peu moins malheureux en attendant, armés de notre espoir infaillible et de notre marqueur à x de calendrier, à regarder Les deux font la paire à chaque six mois pour se rappeler que « this wild be », l’amour sera.

La patience est une vertu, mes amours, et pour le fun, pour le lol, la prochaine fois qu’on se surprend à attendre patiemment ce mieux-là qui n’arrive pas, faisons-nous cette promesse, promettons-nous de foncer, d’aller à sa rencontre, d’aller le prendre par la main pis de faire un bout avec, d’un coup qu’il se laisse prendre la main ce mieux-là coquin, pis qu’il nous remplit le cœur pis l’âme pendant une « couple » de mois. D’un coup.

Toute façon, qu’est-ce que t’as de mieux à faire? Ton micro-onde a pas fait « ding » et c’est pas encore l’été. 😉

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