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À tous les anxieux et les anxieuses

« Ben voyons… fais juste un peu de méditation. »
« Prends des grandes respirations, ça va passer. »
« Va prendre l’air, ça va te changer les idées. »

Merci beaucoup, Suzanne. Je n’avais jamais pensé à ça, je te remercie de tes conseils. Ça fait juste des décennies que je me bats contre ma propre tête, qui a l’air de se faire du fun à inventer des scénarios d’horreur. Elle a juste pas l’air de saisir que c’est pas dans mes plans de devenir scénariste. Mais sure, une petite marche et je serai guérie.

J’en ris, mais je n’ai rien contre les techniques pour soulager l’anxiété, j’en utilise moi-même. Mais on va être honnête : c’est pas une bête qui se dompte à grands coups de tisane à la camomille. Ça prend des années de travail sur soi et de détermination, à se répéter chaque jour qu’on peut y arriver. Y’a aussi des personnes qui prennent de la médication pour ça. D’ailleurs, je vous recommande toujours de consulter un.e professionnel.le de la santé.

Bref, je suis certaine qu’il existe une centaine d’articles sur comment calmer les crises, mais à un moment donné, il faut descendre de ses grands chevaux et essayer de rire un peu de notre « condition ». Ici, je ne tente pas de banaliser l’anxiété, mais simplement de détendre l’atmosphère et de voir la « situation » sous un autre angle.

Alors, cher/chère, tu es anxieux/se. Assume-le, ris-en (si possible) et prends ça à la légère. La vie est trop courte pour passer ses journées à se culpabiliser. À toi qui est écœuré.e d’être stressé.e as fuck, je te dédicace ces 5 situations qui te font probablement perdre la tête.

1) Quand c’est trop parfait/facile

L’examen dure deux heures? Tu le finis en 45 minutes? Tu es certain/e de tes réponses? C’est le moment d’être fier/fière de toi… ou d’écouter ton cerveau qui te dit que c’est impossible. Quelque chose cloche. Tu as encerclé A trop souvent.

Ta date s’est bien déroulée? Ce n’est qu’une question de temps avant que de la salade ne se coince entre tes dents ou que tu renverses ton verre de vin. Merci, chère tête, de gâcher mes moments agréables.

2) Quand tes ami/es pensent que c’est de leur faute

Non, tu les trouves pas plates. Non, t’es pas plate non plus. C’est simplement que ce soir, t’as atteint ton niveau maximum en tant qu’être humain social. C’est pas parce que t’as pas le goût de sortir avec eux. Un thé et un pyjama semblent un excellent plan, sans vouloir dire que le leur ne l’est pas.

3) Quand les gens ne comprennent pas que tu es déjà au courant

Oui, tu le sais que tu fais de l’anxiété. Tu le sais que t’en a fait hier, et chances are, tu vas en faire encore demain. Tu sais faire la différence entre une mauvaise pensée et la réalité. Ça ne veut pas dire que ton cerveau y croit moins. Ça ne veut pas non plus dire que c’est plus facile de te sortir ces idées de la tête. Tu te sens juste un peu stupide de te demander encore si la porte est barrée.

4) Quand tu as l’impression d’aller au gym 5 fois par jour

T’as chaud, tu penses plus à rien, tu dois prendre des pauses, tu cherches à t’en sauver, t’as hâte que ça finisse (ta crise d’anxiété comme ton training) et tu dois boire beaucoup d’eau. Rendu là, on confond cours de spinning et examen de mi-session!

5) Quand les gens deviennent mal à l’aise  

Tu commences à paniquer et eux ne savent plus comment réagir. Ça finit donc en regard inquiet et en : « T’es-tu correct? ». Non, je ne suis pas correct. Et même si j’apprécie beaucoup l’attention et l’intérêt que tu portes à m’aider, ton regard perturbé ne m’aide pas. Ça veut pas nécessairement dire que j’ai envie que tu partes. Tu peux juste me rappeler que je respire, que tu es là si jamais il y a quelque chose, ou que j’ai déjà traversé pire.

Bref, être anxieux/se ce n’est pas toujours une partie de plaisir, mais c’est aussi des petites joies quotidiennes : quand tu réussis à faire quelque chose que tu n’aurais pas été capable de faire un jour, quand tu constates ton évolution et tout le chemin que tu as parcouru pour te rendre là. T’es une personne formidable malgré tes mental break-down dans le corridor, et j’espère que tu le sais.

Et oui, ta porte est barrée.

Photo : Aarón Blanco Tejedor
Source : Unsplash

3 thoughts on “À tous les anxieux et les anxieuses

  1. C’est tellement ça. J’en peux plus de lire les articles sur ‘comment gérer l’anxiété’. Y’en a pas de recette miracle. C’est avec persévérance et des essais-erreur que j’ai fini par trouver mes moyens, et encore là, mes moyens changent continuellement avec le temps. Ça faisait presque 8 ans que je n’avais pas fait d’attaque de panique et j’en ai fait une dernièrement. C’est pas la fin du monde, ça enlève rien à mes efforts/exploits des dernières années. J’ai le droit d’être vulnérable, y’a des périodes de changements plus déséquilibrantes que d’autres. J’ai remonté mes manches, j’ai persévéré, je suis retournée à la base et j’ai retrouvé l’équilibre. Prendre soin de soi c’est une ‘job’ à temps plein. Pour moi, ça passe par le sport, l’alimentation/cuisiner, la nature, le dessin/l’art, la lecture, l’organisation, prendre des risques et souligner chaque petite victoire.

    Merci pour ton texte vrai et honnête. Ça m’a fait du bien de le lire (pour une fois qu’un texte sur l’anxiété me fait du bien plutôt que de me stresser).

    J’ai ris fort à :  »Et oui, ta porte est barrée. »

  2. Texte tellement bien écrit en tte simplicité et réalisme et surtout avec humilité!!!
    Normalement, ce sont soit des spécialistes qui n’ont aucune idée de ce que ça fait vrmnt en toi l’anxi Ou encore d’autres personnes anxieuses qui réussissent des défis incroyables pour leur état et qui finissent par te faire sentir « looser » !
    Merci pour ce texte , il m’a fait du bien !

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