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L’espérance malsaine

T’en aurais fait, des conneries, seulement pour l’embrasser et passer un peu d’temps avec.

Ça lui revient parfois en tête, sa façon d’t’avoir traité?

Toi, tu y auras cru dès le début.

Premièrement, y avait pas d’fautes dans ses textos pour savoir comment t’allais. Ça commençait bien.

Mais est-ce que cette personne réalise c’qu’elle t’a fait ensuite?

Ça méritait à tout l’moins des explications, non?

Tu t’consoles en te disant que c’était un passage obligé…

Obligé de passer devant sa maison chaque matin.

Obligé comme quelqu’un qui n’a pas encore accepté la rupture.

Obligé avec la peur de voir une auto que tu n’connais pas stationnée dans son entrée.

T’as eu tellement de plaisir d’aller à tous ces endroits en sa compagnie.

T’as eu autant d’nausées quand t’es retourné à ces mêmes endroits ensuite…

Vous en avez eu une pis une autre, des chicanes sur fond de gin.

Du boudage pour tout et rien.

Quand vous vous y mettiez, vous saviez comment vous faire enrager.

Mais tu l’aimes. Encore.

Toi qui, au final, dormait tout ce temps dans un lit avec des couvertes, des oreillers et plein de mensonges.

Avec le temps, tu t’rends compte pourquoi tu étais si bien. Tu te rappelles ce feeling. Tu détestes maintenant cette même sensation.

Tu sais pourquoi.

L’inatteignable est séduisant.

Dans l’inatteignable, c’est que j’suppose que tu ne sautais pas assez haut pour l’atteindre, pour l’attendre.

Tout ce temps, ça n’aura retardé que ta façon de savoir dorénavant c’que tu voulais. T’inquiètes, t’as rien perdu pour attendre.

Depuis, tu t’rends compte que t’étais seulement impliqué parce que tu pouvais pas l’avoir.

« T’as jamais voulu être à quelqu’un… », que tu lui as même dit.

Tu sais maintenant que c’était pas de l’amour.

C’était de faux espoirs.

L’amour n’est pas si difficile à obtenir.

T’as dû essayer de te convaincre. Plusieurs fois.

C’était pas d’l’amour.

C’était que de l’espoir. Des gros comme des faux.

« C’était pas d’l’amour hein? »

« Dis-moi… »

« Du moins, dis-moi que tu n’y croyais pas. »

« Est-ce que c’en était? »

Tu es perdu.

Tu sais que c’est du passé.

T’auras espéré, espéré, espéré…

Et abandonné.

Comme quelque chose qu’on veut sans se demander si on en a besoin.

T’en as eu des tonnes, de ça.

T’as quelques fois perdu le contrôle.

À grand coups d’textos à 4 heures du matin.

Mais au final, t’auras rien perdu.

Encore faut-il avoir quelque chose pour le perdre.

T’auras quand même pensé que vous vous réuniriez à nouveau quand, un bref instant, son auto est apparue devant chez toi sans prévenir.

C’était qu’illusion. Y a plus d’une voiture pareille.

Ça t’en a dit pas mal sur toi.

On peut pas se mentir à soi.

Tu continues de croire que c’est mieux ainsi.

Mais tu te demandes comment ç’a pu passer du tout au tout si drastiquement.

Mais tu sens que ton cœur commence enfin à guérir.

Mais tu commences enfin à revivre.

Mais tu…

Tu y arriveras. Crois-moi.

L’espérance n’est pas toujours ce dont on a réellement besoin…

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