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La normalisation des habitudes de vie néfastes aux études

Salut. Je suis à l’université et en fin de session. J’ai des travaux par-dessus la tête (pis je procrastine même pas). En plus, j’ai accepté de faire plus d’heures à ma job pour sauver la vie à mes bosses (DITES MOI MERCI, SVP). Je suis fatiguée, épuisée, et j’ai hâte que ça se termine.

Toute ma vie, j’ai attendu le moment où j’irais à l’université. Faire et finir mes études. Avoir mon diplôme pis travailler dans mon domaine. Pour moi, l’université, je l’ai vue comme une place où on s’épanouit, où on se découvre et où on rencontre des personnes exceptionnelles (pis où la débauche est beeeen présente aussi). Je confirme, tout cela arrive. On a juste oublié de m’avertir à propos de l’autre côté de la médaille.

Je dois avoir un total d’une quarantaine d’heures par semaine de travaux/cours scolaires. Ensuite, je dois travailler 10-15 heures par semaine pour vivre un peu : payer mon appartement, me nourrir, nourrir mes animaux. Une fois de temps en temps, j’aime bien manger du fast food, parce que je suis épuisée et c’est plus facile. Une fois de temps en temps, j’aime bien sortir, me payer un verre ou deux ou aller au cinéma. Bref, avoir un peu de vie sociale à travers mes besoins biologiques de base.

Je parlais à une de mes amis et je lui disais que je la trouvais vraiment cool de faire ce qu’elle fait. Des fois, elle peut passer des nuits entières à étudier. Moi, dépasser une certaine heure, mon cerveau est off et je ne suis plus capable d’étudier.

Et c’est là qu’elle me dit : « Ouin, c’est pas si nice, je manque de sommeil, j’ai une humeur instable, je sais même pas comment je survis. »

Ouin… Est-ce que je venais vraiment de la féliciter d’avoir de malsaines habitudes de vie pour survivre à ses études universitaires?

Pis là, je me suis demandé, à quel point on sublime/normalise ces types de comportements?

Voici un dialogue entendu de mes collègues procrastinateurs :

« Hey, j’ai terminé d’étudier la nuit dernière vers 2h00 du matin. »
« Ah oui, moi j’ai pas dormi de la nuit. »

Est-ce que c’est une compétition? On dirait que la hauteur de nos efforts est inversement proportionnelle à notre qualité de vie.

Je ne sais pas à quel point on se rend compte que ce qu’on s’impose est malsain. Le burn out étudiant est fréquent et les dépressions aussi. On normalise tellement la chose que de voir un étudiant pleurer dans un cours ou dans le couloir est tout à fait normal. MAIS VOYONS?

La fin de semaine dernière, alors que je travaillais à ma job étudiante, j’ai dû aller m’isoler 5 minutes parce que je n’étais plus capable. Pas parce que j’étais malheureuse ou triste ou fâchée. Simplement qu’avec la charge de travail immense que j’ai avec l’école, la job et chez moi, je devais évacuer un peu de je ne sais quoi, pis pleurer devenait un besoin pressant.

Après, j’ai des flashs des commentaires douteux de certains, qui disent que les étudiants sont vraiment lâches et qu’ils veulent faire la grève juste pour avoir congé. Je m’attendais à ce que pour tenir des propos aussi absurdes, il y ait au moins une mini part de vérité. Mais il y en a zéro.

On vit dans une société de performance où le stress et le dépassement de soi sont une priorité, sinon on se trouve lâche. On compense nos temps libres avec du travail, le gym ou des activités culturelles pour continuer d’apprendre.

J’ai l’impression qu’on se bourre le cerveau et qu’on se surcharge le corps durant 15 semaines. On a une pause où on en profite pour se saouler solide et pour oublier un peu le fait qu’on est dépassé par les événements. On se surcharge pour oublier qu’on va sortir de là dans 1, 2 ou 3 ans, on ne sait pas encore exactement où et avec pas mal de dettes.

Des dettes financières, pis des dettes mentales. Comment on fait pour s’en sortir, 6 heures par jour pendant 15 semaines? Qu’on demande à nos capacités cognitives d’être productives malgré le manque de sommeil, la surcharge de travail, le stress financier, le stress de performance?

Le temps passé à l’université, c’est les plus belles années de ta vie, mais aussi les années où ta santé mentale risque le plus d’être affectée : consommation d’alcool parfois excessive, manque de sommeil, surcharge de travail, épuisement mental, pression sociale, etc.

Quand est-ce qu’on va se rendre compte que ce n’est pas normal?

Source photo de couverture

3 thoughts on “La normalisation des habitudes de vie néfastes aux études

  1. Il y a aussi des gens qui utilisent la médication pour la concentration malgré le fait qu’il n’ai pas de TDAH. Ils utilisent les psychostimulants comme façon de passer au travers des études de manière irrégulière. C’est magique en effet, mais ils arrêtent la consommation et ils sont plus rien.

    • C’est vrai qu’il y a beaucoup de gens aux études qui n’ont pas de diagnostique de TDA/H (Parce qu’illes ne le sont pas ou qu’illes ne peuvent pas se permettre financièrement le diagnostique est extrêmement dispendieux). Je suis vraiment plus à l’aise de blâmer le système qui laisse les étudiant.es mariner dans un stress de performance que ces même étudiant.es qui trouvent les moyens qu’illes peuvent pour s’aider à passer au travers.
      Ce n’est pas si magique non plus. Il y a un envers à la médaille avec des effets secondaires assez envahissants (j’ai un diagnostique de TDA/H, je prend régulièrement des psychostimulants et Je peux te confirmer que ce n’est pas qu’une partie de plaisir). Au final, même s’illes ont utilisé un outil « irrégulier » pour passer au travers de leurs périodes d’étude ou d’examens, ces étudiant.es ne sont pas vide. Illes ont bûché fort et ont quand même développé des connaissances. On ne perd pas ces acquis quand on arrête d’en prendre.

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