Menu

Dealer avec une mauvaise estime de soi

Je n’accepterais jamais un.e ami.e qui me rabaisse constamment. Jamais.

Alors dis-moi pourquoi j’accepte une mauvaise estime de moi qui me crie tout le temps dans mon esprit que j’suis don’ ben poche et pas capable? Cette compagnie-là, elle commence à empiéter pas mal sur ma qualité de vie et il est temps qu’elle fasse son bout de chemin.

Quand je vais dans un endroit public, que je sois accompagnée ou pas, j’ai toujours l’impression qu’on parle de moi. « Ga don’ la fille comment qu’a’ s’tient. A’ don’ ben l’air conne. » Ça me paralyse.

Quand je me tiens en ligne dans la file, en attendant mon café, j’ai l’impression qu’on scrute mes moindres défauts, ceux qui sont bien réels en-dedans de moi, mais sûrement invisibles de l’extérieur. Quand je parle un peu trop de mes passions, j’ai l’impression de ne pas être assez informée, d’être nulle parce que je connais juste des sujets en surface et que j’suis pas capable de débattre sur des sujets politiques.

Quand je dis une connerie ou que je rie un peu trop fort, j’me dis que j’suis trop intense. J’me compare constamment par rapport aux au succès des autres, par rapport à l’apparence des autres. Ma tête n’hésite pas à me rappeler ce que j’ai fait ou dit dans le passé. Quand je parle à une personne nouvelle, après avoir échangé quelques textos et s’être dit bonne nuit, je peux pas m’empêcher de me trouver conne parce que j’ai la conviction que j’ai trop parlé, que j’ai dit quelque chose qui n’avait pas rapport, que j’avais l’air bébé.

Des fois j’me dit que j’suis mieux chez nous, ; comme ça, j’me déplairai pas. Mais même encore là, le soir, dans mon lit, emmaillotée par le noir, le manège reprend. T’es ci, t’es ça…

S’cusez-moi pour les mots, j’ai pas l’habitude de dire ça en public parce que ça aurait l’air trop intense, mais could you shut the fuck up?

J’suis tellement tannée de ça. J’ai tellement envie d’avoir confiance en moi et de m’épanouir telle que je suis. De voir mes ailes de papillon et d’en prendre soin chaque jour au lieu de prendre mes deux index et de les écraser. Des fois, j’ai juste envie de me dire : écoute, j’en ai assez de toi. J’en ai assez que tu te conforte dans le p’tit nid que tu t’es construit au fond de ma tête avec le temps.

Peu importe ce que je fais, j’en fais jamais assez. J’ai l’impression que j’suis jamais assez. Qui faudrait don’ que je sois comme A ou B. J’ai envie que mon p’tit diable prenne son trou et me laisse vivre sans avoir de regrets, sans même penser à ce que j’ai fait ou ce que j’ai l’air. J’pense que je mérite ça après toutes ces années à me retenir d’être moi par peur de déplaire. T’sais, si je regarde en arrière, je suis arrivée à mes buts même si j’étais « don’ laide et pas capable ».

Et puis ça va plus loin tout ça. J’me suis dit : comment je peux arriver à accepter une personne dans ma vie si je ne suis même pas capable d’accepter ma propre personne, si je ne me connais pas, si je ne suis pas capable de me valoriser de plus en plus chaque jour? Impossible. Si je ne suis pas mieux avec moi-même, il est impossible de l’être avec les autres, autant du côté amical qu’amoureux. J’me dis aussi que c’est bien que je me rendre compte maintenant que ça n’a plus de sens parce que je peux travailler là-dessus et ainsi avancer plus vite et mieux. Quand on enlève des poids, on peut plus facilement monter l’escalier.

Au fond, je les remercie, mes poids. Parce qu’avec des poids, on devient plus musclé. Sauf que des fois, quand on n’est plus capable de les soulever, il faut juste les laisser tomber.

ANONYME

Source photo couverture

ANONYME

Source photo couverture

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

© La Fabrique Crépue. 2020. Tous droits réservés
Une réalisation de