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Depuis que je n’ai (presque) plus peur

Tous les humains de la Terre ont des regrets. Ils ne sont pas nécessairement tristes pour autant, même que la plupart sont réellement heureux. Mais tout le monde a son petit quelque chose qui n’était pas censé arriver. Une accumulation de malchances, un mauvais timing, une erreur occasionnelle…

Les quelques regrets que j’ai sont en partie expliqués par la peur. J’ai donc décidé de faire les efforts pour qu’elle quitte le navire.

J’ai eu peur.

J’ai eu peur d’à peu près tout.

J’ai eu peur de choses auxquelles tu ne penserais jamais et de choses totalement irrationnelles aucunement liées à la réalité. J’ai eu peur de ce qui ne se pouvait pas et, très souvent, ça m’a fait perdre de vue ce qui se pouvait réellement.

En toute honnêteté, ce n’est pas avec une grande joie que j’écris ces lignes, mais je suis passée à côté de beaucoup de choses par peur. J’ai brisé beaucoup de choses.

Je me suis pardonné. La personne qui a été touchée le plus par ça, c’est moi-même. Je suis la première à qui je dois m’excuser.

Aujourd’hui, je n’ai presque plus peur.

Je ne pourrai jamais dire que je suis totalement sans peur. Ça m’arrive d’être craintive. C’est normal d’avoir peur par bouts. Ici, il faut comprendre que la peur dont je fais mention était problématique; elle n’était pas normale et affectait mon quotidien de façon importante.

Maintenant, quand j’ai peur, la plupart du temps, c’est une peur occasionnée par quelque chose de réel. C’est une peur humaine à la vue d’une situation de danger. Ce n’est majoritairement plus les pièces de théâtre de mes pensées fatiguées. Ce sont les scènes d’action de la vie et de ses cachoteries.

Parfois, il arrive que les comédiens s’invitent sur les planches pour commencer une pièce.

J’écoute ce qu’ils ont à dire, calmement. Je prends ce qui peut être pertinent et je ferme le rideau. J’ai eu une promotion; je suis maintenant la metteure en scène de mon propre théâtre.

J’ai appris à me connaître à 22 ans. Je me suis rendu compte que je n’étais pas qui je pensais que j’étais. Je me suis rendu compte que ces foutues peurs ont volé la vedette à beaucoup de mes qualités au cours des dernières années.

Depuis qu’elles sont parties, je ne vois plus les limites. Depuis que je n’ai plus peur, je me fous de ce que les autres pensent de mes décisions. Je me concentre sur comment je me sens plutôt que sur comment ils pensent que je me sens. Je veux marcher toutes les montagnes, grimper haut sans jamais regarder par terre, crier dans les bibliothèques et courir au bord des piscines.

Je n’ai jamais autant pris conscience que je n’avais qu’une vie à vivre qu’au moment où j’ai arrêté d’anticiper tout ce qui pouvait me faire mourir.

Je me suis découverte passionnée, allumée, déterminée, forte et éternellement curieuse.

Mon « oui » a pris le dessus sur mon « non », l’évitement s’évite lui-même et mes inquiétudes ne font pas le poids devant mon envie de ne rien prendre au sérieux.

Je ne cesse de sourire, je me laisse bercer par la vie qui est pas mal plus smatte depuis que j’ai arrêté de vouloir la contrôler. Je me mets moi-même au défi, je pleure de rire devant mes maladresses.

Comprends-moi, c’est totalement correct d’avoir peur. Mais assure-toi toujours d’avoir peur de ce qui est réel. L’irrationalité est le rideau qui cache la lumière des beaux jours. Tu n’as pas à te faire subir ça.

Ma plus grande peur actuelle est celle d’avoir peur à nouveau.

La vie est belle. T’en penses quoi qu’on la vive à 110 %?

Prends ma main, qu’on parte vaincre nos peurs.

Source photo de couverture : Unsplash

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