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Ce qu’on en a pensé de la pièce « Nous serons éternels »

C’est dans l’intimité propre au théâtre La Chapelle que Nous serons éternels emporte le spectateur dans une transe printanière. Tantôt décrochés, tantôt incarnés, les mots de Shakespeare ne sont ici pas du tout vieillots. Abordant les thèmes universels de l’amour, la luxure et l’intemporalité, Les Sonnets de Shakespeare offrent matière à réflexion. C’est avec une sensibilité toute contemporaine que le metteur en scène Patrick R. Lacharité (La Fratrie) a su en tirer l’essence dans cette création audacieuse.

Sur scène, un ensemble imposant de 14 comédien.nes bougent avec la même respiration, le même langage corporel et ce même désir d’être là, d’être ensemble, pour toujours. Nous sommes éternels pose plutôt la question : voulons-nous l’être? Qu’est-ce que c’est vraiment, être éternel, qu’est-ce que ça implique? Cet hommage à la poésie de Shakespeare allie danse-chœur-électro-kitsch pour nous faire entendre à quel point les mots de l’auteur résonnent encore aujourd’hui, faisant écho à la vulnérabilité humaine, sujet littéraire inépuisable.

Soutenus par une scénographie éclectique, une série de personnages défilent sous le regard d’un aristocrate élisabéthain, au look étrangement contemporain, se délectant du haut de son trône; une muse se couvrant d’argile, un couple se chamaillant, un acteur imbu de lui-même passionné par l’univers shakespearien, puis une femme tentant de noyer sa douleur d’un amour déchu dans la bassine de son jardin avant de s’enterrer vivante sous un lit de fleurs. Entre ces tableaux égnimatiques, un groupe de jeunes, dont l’amitié s’entremêle visiblement au désir, danse leur rage de vivre, leur désir d’être plus grand qu’eux-mêmes, de laisser leur marque malgré leur apparente conformité. On y récite des sonnets çà et là, les monologues empruntant parfois la forme d’un prologue, ponctuant une scène ou étant partie prenante de l’action.

Nous serons éternels, c’est un secret murmuré, c’est un rassemblement, c’est la première journée chaude où le soleil fait enfin fondre la neige, c’est la rencontre des corps et des voix qui ne font qu’un, c’est ce rendez-vous avec des amis d’enfance, ce meeting décontracté, ce premier regard qui coupe le souffle, c’est être jeune hier aujourd’hui et demain, pour l’éternité.

À voir jusqu’au 28 avril 2019 à La Chapelle. Pour plus d’info, c’est ICI.

Par Sandra Nadeau-Paradis et Virginie M-Laporte

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