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Les Soirées 100Lux

C’est une soirée endiablée qu’a vécue le public de Tangente jeudi soir avec Les Soirées 100Lux, qui marque une première association avec 100Lux, chapeautée par Axelle Munezero. Fondée en 2012, l’organisation a pour mission la professionnalisation des danseurs urbains, qui se distinguent bien souvent par leur caractère autodidacte, et l’instruction du grand public aux styles plus nichés tels que le hip hop, le popping, le bboying, house, le locking, le krump et le waacking.

Les frères Sono ont ouvert en humour avec le duo break dance et guitare acoustique Escucha, suivis tout de suite par la pièce Doppelgänger de Mecdy Jean-Pierre, qui explore la dualité à travers les mouvements énigmatiques et ondulatoires (empruntant à l’univers du popping) des deux interprètes. Le collectif Borealis Soul, basé au Yukon, nous entraîné ensuite dans un registre résolument hip-hop, s’associant tantôt aussi au popping et au break dance. Un rappeur et trois danseurs se dévoilent pour libérer colère, peur et anxiété dans leur pièce Face value.

L’interprétation onirique et comique de la chorégraphe Celine Richard-Robichon ressort du lot de par son originalité. Exploration autour d’une performance de popping et d’illusion, Oui/Non propose des effets discordants et une expérimentation loufoque avec le réel à travers un tissu. Plus intime, le solo de Shanyça Elie-Leconte, Un bonhomme surpris, triste et heureux, explore le trouble schizophrénique par le mouvement. Une gestuelle rude, un visage expressif et une attitude de combattante provocante rappelant les battles, nous raconte l’évolution du personnage en proie avec des troubles de santé mentale.

Sans doute notre coup de cœur du spectacle, Le Fil rouge, d’Emmanuelle Lê Phan, est une chorégraphie savamment orchestrée dans laquelle cinq interprètes sont reliés par un fil, conducteur du mouvement. Popping, hip-hop et éléments acrobatiques se chevauchent pour créer un ensemble cohérent offrant un équilibre juste entre les individus et le groupe. Et la soirée exploratoire se termine sous un air festif avec une performance house tout en accords musique et danse. Tout va bien dans le meilleur des chaos, pièce de Magdalena Marszalek propose une explosion impulsive du mouvement, une incursion dans la relation « chimique » qu’ont les interprètes entre eux et la danse. Un voyage, une soirée, une « rave-rie » qui clôt le spectacle en invitant le public à monter sur scène pour libérer sa fougue à son tour.

Une finale à l’image du spectacle, qui nous rappelle que la danse est accessible à tous et qu’elle peut être rassembleuse dans toute sa diversité. Une rencontre réussie entre la danse urbaine et la danse contemporaine!

Par Ariane Lessard et Sandra Nadeau-Paradis

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