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Se « fréquenter », ou la peur d’être en couple

Au primaire, tu tenais un garçon par la main et il devenait ton petit copain. Au secondaire, ton premier baiser avec ton crush te garantissait pratiquement d’être en couple. Aujourd’hui, adulte, tu as beau partager 10 repas avec la même personne, coucher 100 fois avec elle et échanger 1 000 baisers, rien ne te garantit que vous formez un couple. Le terme « fréquentation » s’est immiscé dans les relations des Québécois.es et fait désormais partie intégrante du vocabulaire pour décrire leurs relations amoureuses.

Aujourd’hui, les jeunes (et dans le terme « jeunes », j’inclus les gens âgés entre 20 et 35 ans) semblent se « fréquenter » pendant des semaines, voire des mois, avant de proclamer qu’ils sont un couple. Deux mois, six mois… Pourquoi? Parce que le couple semble être le nouvel engagement suprême. Presque aussi sérieux que le mariage. J’exagère à peine.

Avant, le couple était l’état d’une relation où deux personnes pouvaient vivre, ensemble, leurs premières fois : la première fois qu’elles rencontrent les beaux-parents, la première fois qu’elles rencontrent les ami.e.s de chacun, la première fois qu’elles couchent ensemble, leur premier week-end en amoureux, leur première chicane, leur premier voyage de couple, leur premier Noël ensemble, leur premier anniversaire « malaisant » où le cadeau reçu ne correspond pas tout à fait aux goûts de l’autre. Le premier « Je t’aime ».

Aujourd’hui, le « Je t’aime » vient avant. Tout vient avant. On semble vouloir s’assurer qu’on est amoureux avant de s’embarquer dans un couple. Et pas seulement ça. On prend mille précautions avant de devenir un couple : on présente notre partenaire à nos ami.e.s, à nos parents, à notre chien, pour être certain.e, avant de s’embarquer dans une relation sérieuse, que l’élu.e de notre cœur s’entend bien avec tout notre entourage. On s’assure d’avoir les mêmes goûts, les mêmes valeurs, le même plan de vie pour les 10 prochaines années. Comme si rien de tout cela n’allait changer au cours des 10 prochaines années…

Pourtant, peu importe le nombre de précautions qu’on prend avant de se dire en couple, rien ne garantira que le couple durera toujours. Et peu importe le nombre de précautions, la séparation ne fera pas moins mal après trois mois de « fréquentation-exclusive-à-se-voir-toutes-les-semaines-et-à-planifier-de-futures-sorties-ensemble » qu’après trois mois à avoir été un couple.

Je ne dis pas qu’il faut être en couple après la première date. Je ne dis pas que cela n’existe pas du tout, des couples qui évoluent ensemble. Et je sais que certain.e.s n’aiment pas devoir se ranger dans une case, porter une étiquette. Mais des fois, je me dis qu’on réussit vraiment bien à se compliquer la vie.

Source photo de couverture : Pixabay

2 thoughts on “Se « fréquenter », ou la peur d’être en couple

  1. On est bien mieux, chacun chez sois, on ce voit quand on en a envie !!! Si on a pas envie chacun chez sois
    Vivre ensemble devient invivable à la longue
    Donc séparation inévitable

  2. Bon résumé de la situation!
    Perso, je suis encore vieux jeu sur la notion de couple, je n’ai jamais eu de « fréquentation ». Mon chum et moi avions décidé d’officialiser la patente 2 semaines après qu’on se soit connu et on se marie cet été, 7 ans plus tard… comme quoi ça marche encore des fois, être old school! ☺️

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