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L’amour imaginaire

L’amour est soudain, sournois et déraisonnable. L’amour n’a pas toujours de fil conducteur et n’est pas facile à expliquer. Quand ça frappe, il y a différentes façons d’assimiler le tout. On peut opter pour le « straight to the point », où l’on exprime à l’autre nos sentiments sans tarder, on peut tâter le terrain pour soutirer un maximum d’infos avant de se lancer ou bien on peut observer notre brebis sans jamais faire de mouvement de peur qu’elle décampe.

Moi, j’ai choisi la troisième option. Pendant des mois, je me suis tenue tout près de cette personne, je l’ai admirée, encouragée, écoutée et aidée à traverser des moments difficiles. J’ai donné tout ce que j’avais d’énergie, d’amour et de temps sans jamais lui dire verbalement et clairement ce qui me poussait à faire tout ça. À vrai dire, j’ai suivi tellement longtemps ma brebis tant désirée que j’ai fini par me perdre dans les bois.

Quand est alors venu se poser sur mon épaule le petit oiseau de la vérité, je suis tombée de haut. Mais pour ne pas me faire trop mal à l’atterrissage, j’ai opté pour l’amour imaginaire. Je me suis créé des scénarios sans fin dans un recoin de ma tête dans l’espoir qu’au moins l’un d’eux se réalise pour amortir ma chute. J’ai souhaité si fort que cette personne comprenne tout ce que je ressentais à son égard et que la situation change. Malheureusement, rares sont ceux qui ont une sensibilité assez développée pour capter les ondes intérieures des autres. J’ai mis la barre trop haut en surestimant sa sensibilité, bien que celle-ci soit bel et bien présente.

Le temps a passé et je côtoie toujours cette personne. Il m’arrive de la regarder du coin de l’oeil et de me dire que tout ça aurait pu être différent. La façon dont j’ai décidé de gérer cet amour me laisse un goût amer. J’ai le sentiment que cette situation est incomplète, un peu comme dans une dissertation de philo où l’on n’est pas certain de ce que l’on écrit. Je crois que ce n’est pas ce que j’ai écrit le problème. C’est plutôt ce qui doit être dit entre les lignes qui bat de l’aile.

J’aurais dû faire ce qu’il fallait depuis le début… Parler.

Source photo de couverture : Unsplash

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