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« Entre autres » au Théâtre Périscope

Immigration, changements climatiques, féminisme, laïcité… Ce sont tous des enjeux qui polarisent notre société et font souvent les manchettes. Ce sont aussi les thèmes que mettent de l’avant le collectif Nous sommes ici et le Collectif Wolfe dans Entre autres, une oeuvre documentaire pertinente, qui vient clore la saison 2018-2019 du Théâtre Périscope.

Dans cette mise en scène d’Alexandre Fecteau, sept jeunes comédien.ne.s, devenu.e.s ami.e.s durant leurs études au Conservatoire d’art dramatique de Québec, s’interrogent avec lucidité sur quatre « sujets chauds » afin de comprendre le Québec d’aujourd’hui, où cohabitent, parfois difficilement, des points de vue diamétralement opposés.

S’il faut quelques minutes avant de bien saisir qui sont les protagonistes et quelle (en)quête ils et elles poursuivent, une fois cela démêlé, on les suit avec bonheur dans leurs recherches qui les amènent à rencontrer des dizaines d’intervenant.e.s. de tous horizons, pour nous offrir un portrait de la situation le plus complet possible.

Ces hommes et ces femmes sont personnifié.e.s par les membres de la troupe, avec respect, mais non sans humour, pour recréer les entretiens réalisés. Mention à Laura Amar et à Michel Bertrand, qui relèvent avec brio le défi de changer constamment de peau. Leurs collègues Marianne Bluteau, Étienne D’Anjou, Blanche Gionet-Lavigne, Vincent Legault et Vincent Massé-Gagné, très justes également, jouent principalement leur propre rôle.

Athées, féministes et « de gauche », les acteurs et actrices restent tout de même ouvert.e.s par rapport aux diverses opinions exprimées. Leur démarche, honnête et sans jugement, les fera, à l’occasion, douter de leurs certitudes. Avec humilité et une touche d’autodérision, ils nous transmettent leur vision des choses, dévoilent leurs travers, font face à leurs propres contradictions. Et forcément, on se reconnaît.

Malgré certains passages un brin didactiques, la pièce s’avère dynamique, notamment grâce à des projections au sol et à de sympathiques interactions avec le public. La configuration de la salle, une scène centrale autour de laquelle sont disposés les gradins, crée immédiatement une proximité avec les spectateurs. Une connivence également, faisant écho à la chimie palpable entre les comédien.ne.s. On les sent complices, à l’aise dans cet espace, façon ring de boxe, où ils font s’entrechoquer les idées.

Entre autres n’apporte pas toujours des réponses claires aux interrogations soulevées, mais l’oeuvre a le mérite d’amorcer une réflexion, de lancer les discussions. Elle fait rire aussi, beaucoup, mais ce qu’il reste à la fin, c’est une impression de désillusion. C’est l’inquiétude à propos de l’avenir qu’éprouvent ces artistes-citoyen.ne.s. Malgré ce triste constat, il est tout de même réconfortant de les voir se questionner, prendre la parole et remettre en cause le statu quo. Réconfortant, oui, de constater que « les jeunes » peuvent être allumé.e.s, conscientisé.e.s, sensibles, empathiques… entre autres.

À voir au Périscope jusqu’au 11 mai. Pour plus d’info, c’est ICI.

Source photo de couverture

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