Menu

Pourquoi va-t-on à l’université déjà?

Dans moins d’un mois, on en sera déjà à la moitié de 2019. Je mentionne cela juste au cas où, tout comme moi, vous n’auriez pas vu le temps passer. La vie va vite, on a pas de temps à perdre, on est hyper-stimulés par la technologie et nos environnements… J’ai donc l’impression qu’on ne prend pas le temps de remettre en question ce qui nous paraît inébranlablement évident. Pourquoi vivre au Québec, pourquoi prendre son char au lieu de l’autobus, pourquoi manger de la viande tous les jours, pourquoi changer de téléphone avant qu’il ne se brise, pourquoi aller à l’université? Nous en sommes à cette époque où la multidisciplinarité et le fait de gagner de l’expérience de vie sont relativement valorisés. Pourtant, autour de moi, beaucoup de gens vont à l’université pour cocher cette case de leur liste et se garantir un diplôme. Ce bout de papier si rassurant et socialement ovationné. Achevant une session, je remets énormément en question ce système de performance et d’endettement, est-ce que nos universités sont le meilleur chemin? Pourquoi « vraiment » va-t-on à l’université?

Notez bien, je ne m’exprime pas contre des professeurs ou contre une université en particulier. Je n’ai pas non plus la prétention de vouloir révolutionner le système d’éducation universitaire. Je tiens seulement ici à partager une réflexion concernant le système dans lequel nous vivons qui, entre vous et moi, l’échappe un peu. J’aime croire que penser ensemble mène à des débats, puis à des consensus et à de l’action. L’action, c’est du mouvement. Bouger change le monde.

Copie conforme

La première raison pour laquelle j’ai été à l’université est parce que je voulais être stimulée intellectuellement. J’avais à nouveau le désir de lire des choses que je n’aurais pas lues sans indications spécifiques et d’apprendre à formuler ma pensée autrement que par texto, admettons. J’y ai appris que performer académiquement est une pression actuelle et dommageable, que ne pas faire ses lectures est pratique courante et que le but ultime est de rentrer dans le moule. Se conformer à ce qui est demandé, fitter pour mieux réussir, rentrer dans la case pour assurer son succès. Un mouton, quoi! Un mouton diplômé, un mouton d’étude supérieure, mais tout de même un mouton.

Dessine-moi un mouton

L’université est pour moi un exemple de beaucoup de choses positives, mais aussi de l’absurdité humaine : les adultes font des choses sans savoir pourquoi ils les font. Je me dis que le petit prince serait fort découragé en nous voyant scroller sur Instagram pendant nos cours sur les « relations humaines ». Qu’y a-t-il d’inspirant dans le fait de se gaver de mots pendant une nuit blanche pour ensuite vomir le tout sur nos examens? Ça ne peut pas être bon pour notre futur, et pourtant notre cote ne prend pas en compte notre capacité à copier-coller, à s’endetter, à s’épuiser, à virer des brosses, à douter, à vivre, à procrastiner… seulement à performer.

La deuxième raison pour laquelle j’ai été à l’université est parce ce que cela me semblait synonyme d’apprentissage. J’ai appris énormément, seulement pas nécessairement ce qu’il y avait dans le plan de cours.

La troisième raison pour laquelle j’ai été à l’université est parce que j’avais peur. Effrayée à l’idée de ne jamais y avoir mis les pieds et encore plus terrorisée par le fait que, peut-être, ça ne me conviendrait pas. Terrorisée par ces histoires d’étudiants zombies ayant une piètre hygiène de vie et carburant à la caféine par intraveineuse. Alors, comme l’a dit Jules César : Veni, vidi, vici, mais pas pentoute pour le mot vici qui se traduit par « j’ai vaincu ».

Je vais retourner à l’uni, mais en ayant, je l’espère, la force de m’approprier mon parcours avec unicité et individualité. Quitte à ce que ce processus soit plus long, plus chargé, plus éducatif. C’est notre devoir de trouver un plan d’apprentissage qui soit à la hauteur de notre potentiel et de notre imagination. Nous assurer qu’on va à l’université pour les bonnes raisons et de la bonne façon. Peut-être vaut-il la peine de se questionner plus souvent : « Pourquoi va-t-on à l’uni déjà? »

Source : Unsplash

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

© La Fabrique Crépue. 2019. Tous droits réservés
Une réalisation de