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Génération « swipe »

À l’aube de mes 24 ans, je ne sais plus trop quoi espérer en parlant de relations amoureuses. La plupart du temps, ça se termine soit en rencontre intéressante ou bien en rencontre étrange. On en parle beaucoup sur les réseaux sociaux, de notre génération d’accros à internet ou des couples formés par des sites comme Tinder, Badoo, La classeur, etc. OK, j’en connais pas mal, mais j’ai le malheur de n’en utiliser qu’un seul – par « utiliser », je veux dire que je swipe de temps en temps quand je n’ai rien à faire.

Je n’ai pas eu beaucoup de dates, simplement parce que je vis un grand stress quand vient le temps de rencontrer des inconnus. Les fois où j’ai fait des rencontres, j’avais des palpitations qui allaient dangereusement vite et j’avais les mains moites. Ce n’est pas super comme sensation.

Et s’il me trouvait différente de mes photos? (Je l’avoue, je m’arrange pour mettre des selfies où je me trouve belle et confiante. J’essaye de pas trop mettre une photo de moi après le gym toute en sueur, t’sais.) Et si je n’étais pas son genre? Et s’il était petit? Gros? Et s’il me trouvait laide?

Tant de questions, peu gratifiantes.

#Lesdates

Les premières rencontres doivent toujours se faire en lieu public. Je ne veux pas t’offenser, beau garçon aux yeux bleus, mais t’es peut-être un psychopathe (Comme James dans The End of the F*ing World) ou un cannibale. C’est le Tim Hortons ou rien pantoute.

La deuxième date peut généralement être différente d’un café; soit le resto (par contre, tu vis le moment malaisant de la fin, où la serveuse amène une seule facture (payes séparément, ça fait plus « strong independant woman »)), ou encore, tu peux aller te promener en ville si tu t’entends vraiment bien avec la personne. Le Vieux-Québec peut s’avérer assez romantique, mais n’y va pas en hiver, le nez risque de te couler, et ça, c’est pas mal moins cute.

Si tu te rends à une troisième date, c’est sûrement que tu feel bien en sa compagnie. C’est souvent là que tu vois les vraies intentions de l’autre. Clairement qu’un film chez vous, tu sais pas mal comment ça va se terminer (si c’est ce que tu recherches toi aussi, bien sûr).

#Ledoute

Cette belle application, je la supprime. Je la remets. Sans cesse, en me disant que je vais peut-être passer à côté de l’amour de ma vie (ou pas).

Tristement, chaque fois que je la télécharge, la déception réapparaît. Disons que lorsqu’on est rendu à magasiner son chum ou sa blonde sur un site de rencontre, ça laisse place à peu d’étincelles.

#Lesquestions

Pour ceux et celles n’ayant pas eu la chance d’expérimenter ce mode de vie, on peut le résumer à quelques questions fréquemment posées, telles que :

  • Tu viens chez moi ce soir? (Plus souvent écrit de façon un peu moins poétique, du genre; « Netflix and chill à soère ma belle? » ou alors « Down pour un one night? »)
  • Que recherches-tu ici? (La réponse souvent espérée de l’homme : « Juste du fun, rien de sérieux ». Clairement pas : « Un mari pour avoir 7 enfants; 3 gars et 4 filles stp. »)
  • As-tu eu beaucoup de relations sérieuses? (Question piège ici, pour évaluer si la fille n’est pas trop folle ou si elle va terminer ses jours avec un élevage de chats.)
  • Vas-tu au gym ou fais-tu du sport? (Pour savoir si je suis en shape avant de me rencontrer. (« J’ai fait du surf une fois au Panama et j’ai joué au soccer au secondaire, ça compte-tu? »)
  • Te maquilles-tu beaucoup? (Pour savoir si je ressemble à Cruella de Vil le matin en me levant ou pour évaluer s’il risque d’avoir une mauvaise surprise à l’état naturel.)
  • Tu fais quoi dans la vie? (Et là, la réponse peut mener à un non-match, dépendamment de ton statut social et de ton relevé de paie.)

#Goalcouple

Bref, les critères sont souvent basés sur notre idéal de personne. Je l’avoue, j’ai aussi fait de merveilleuses rencontres et je suis encore en contact avec quelques gars qui sont plutôt devenus des amis. Mais en général, je n’apprécie pas trop ce genre de site. Selon moi, la plus belle façon de tomber amoureux.se, c’est de manière plus naturelle, comme en marchant sur la 3ème avenue dans Limoilou, à l’épicerie entre la rangée du riz et des sauces en sachet, avec un serveur au restaurant ou en allant chercher mes factures à la boîte aux lettres (la plupart de mes espérances sont en lien avec des scénarios de films ou des séries Netflix #friends).

Je sais que plusieurs personnes ont su y trouver leur compte et ont maintenant une maison, des enfants et un superbe avenir avec leur conjoint.e. Je suis tellement heureuse pour elles.

C’est peut-être simplement moi qui suis trop vieux jeu.

J’aimerais pouvoir répondre OUI à la fameuse question de mes oncles et tantes à Noël : « Coudonc, as-tu rencontré un p’tit gars? »

Mais pour l’instant, je me concentre sur mes voyages, mon tanning d’été et mes soirées entre amies, et je perfectionne ma guacamole tout en continuant de swiper quelques fois à gauche et à droite.

L’homme de ma vie est peut-être caché dans cette application cellulaire, qui sait?

THE END…

Maryane, une fille ben compliquée.

Par Maryane Allard

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