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Orientation sexuelle et identité de genre : portrait de 5 personnes

Le 17 mai est la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie. C’est une journée nécessaire pour sensibiliser les gens sur les injustices et les tabous existant sur ces sujets, encore bien présents internationalement. J’ai eu envie que l’on démystifie certains termes reliés aux différentes identités, souvent incompris et mal véhiculés par les médias d’information. Mettre un visage, une personnalité et une histoire derrière chacun de ces mots.

J’ai donc posé trois questions à cinq humains merveilleux qui souhaitent vivre en harmonie à l’extérieur comme à l’intérieur d’eux-mêmes :

  1. Peux-tu expliquer dans tes mots à quelle orientation sexuelle ou identité de genre tu t’identifies?
  2. À quel moment ou à quelle période de ta vie as-tu vécu un déclic ou entamé un processus d’acceptation?
  3. Que voudrais-tu que l’on retienne suite à la lecture de ton histoire? Quel message aimerais-tu véhiculer?

Bonne lecture.

Sandrine, 28 ans, bisexuelle


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  1. Je me considère bisexuelle car j’ai eu des relations dans le passé avec des hommes. Depuis plusieurs années par contre, je ne vois que des femmes.
  2. J’ai toujours su que j’avais une attirance envers les filles car je suis tombée en amour avec ma meilleure amie lorsque j’étais au secondaire. Habitant en banlieue, où les mentalités sont souvent plus fermées, j’ai eu longtemps peur d’être rejetée ou jugée. En vieillissant, j’ai adopté ma propre façon de vivre et de penser, où je fais les choses qui me font plaisir et qui me font sentir bien sans avoir peur de la réaction des autres.
  3. J’aimerais que l’homophobie n’existe pas, mais, malheureusement, le monde dans lequel on vit n’est pas rendu là. J’en subis moi-même encore aujourd’hui. Une forme d’homophobie qui est courante envers les couples de femmes est celle du fantasme des hommes pour deux femmes. C’est correct d’être excité par quelque chose, mais lorsqu’on va agresser et déranger l’intimité des autres, c’est du harcèlement. Quand je vais avec une fille dans un bar avec une majorité d’hommes hétéros et qu’on s’embrasse, il y a toujours des commentaires du genre : « Vous êtes belles à regarder, j’aimerais participer, je peux? » C’est non. Si je peux donner un conseil à toutes les personnes qui n’osent pas explorer leur sexualité par peur de se faire rejeter ou juger, c’est que si quelqu’un te rejette car tu oses t’affirmer et être finalement toi-même, cette personne ne tient pas à toi réellement et ne te mérite pas dans sa vie.

Élodie, 16 ans, homoromantique


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  1. Je trouve cela un peu complexe de déterminer précisément mon orientation sexuelle à mon âge. Je ne suis pas encore à ce stade de ma découverte. Cependant, je sais que j’aime les femmes. Est-ce que je suis sexuellement attirée envers les femmes? Je ne sais pas encore. Je me considère donc comme homoromantique car j’ai une attirance amoureuse envers les femmes. La majorité des gens ne savent pas qu’il y a une différence entre l’attirance sexuelle et l’attirance amoureuse.
  2. J’imagine que mon déclic s’est fait lorsque ma sœur m’a annoncé qu’elle était asexuelle, en 2016. J’étais presque certaine à ce moment-là que j’aimais les femmes, mais elle m’a fait comprendre que le terme « homosexuelle » ne me définissait pas car je ressentais de l’attirance amoureuse plus qu’autre chose.
  3. Je ne réponds pas vraiment aux stéréotypes d’une lesbienne. Je suis plutôt féminine, les gens sont généralement surpris lorsque je leur annonce mon orientation. Il faut arrêter de véhiculer des stéréotypes et des clichés pour chaque identité sexuelle ou de genre, car nous sommes tous différents l’un de l’autre. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises façons d’être ou de paraître.

Roxanne, 25 ans, pansexuelle


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  1. J’ai toujours été avec des garçons mais, curieusement, je regardais aussi les femmes. Je n’avais jamais osé demander à mon entourage si c’était parce que les femmes m’intéressaient ou si c’était la « normalité » que je les regarde autant.
  2. Durant un souper il y a quelques années, une amie à mon coloc m’a lancé : « Toi, Roxanne, es-tu 100% aux hommes? » C’est à cet instant que je me suis remise en question et que j’ai compris mon orientation sexuelle. J’ai entamé une relation avec ma copine, qui a entamé une transition de genre il y a 9 mois et qui est maintenant devenu mon copain. J’avais un malaise avec le terme « bisexuelle » parce que je sentais que c’était « plus que ça ». J’ai donc fait des recherches sur la pansexualité, et c’est là que j’ai pu réellement m’identifier. Pour moi, l’amour est au-delà de l’enveloppe corporelle.
  3. Je suis amoureuse de l’amour. À mes yeux, une relation saine est une relation dans laquelle on s’écoute, on s’aide et on s’entraide. La transition de mon amoureux m’a appris à comprendre mieux l’humain qui était derrière lui. L’amour que je ressentais pour elle au début de notre relation ne cesse d’évoluer depuis qu’il est il.

Alexandre, 30 ans, trans


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  1. Je considère être un homme trans « binaire» depuis maintenant presqu’un an. J’ai commencé ma transition légale en juillet 2018 et les injections de testostérone en août 2018. C’est une routine que je devrai avoir chaque semaine pour le restant de ma vie, mais qui me rend finalement moi.
  2. Je ne me suis jamais senti moi-même en tant que femme. J’ai essayé d’être féminine comme la société aurait voulu que je le sois. J’ai ensuite essayé d’être celle un peu plus tomboy. Je me sentais comme si je devais jouer un rôle sans arrêt; je me levais chaque matin coincé dans un autre corps, emprisonné dans ma cage thoracique, comme si jamais je n’arrivais à être qui je me sentais être. J’ai pris du temps à faire mon coming out. Je l’ai fait à 30 ans. Je me disais : « Mais pourquoi si tard? Peut-être que je ne suis pas vraiment trans, les autres le savaient pourtant enfant. » L’été dernier, mon père et moi regardions des vidéos de moi, et nous avons été subjugués de m’entendre affirmer, du haut de mes 3 ans et demi : « J’t’un gars moi, j’t’un gars! » Le soulagement que j’ai vécu à ce moment. C’est comme si mon MOI enfant me disait que je ne me trompais pas.
  3. Bientôt 9 mois depuis le début de ma transition et je peux enfin dire que j’ai pris la meilleure décision de ma vie. Je respire, je vis et j’ai des projets futurs dans lesquels je me sens revivre. Lorsque le reflet d’Alexandre passe devant une fenêtre, il sourit et je le trouve beau. Je dois être patient et positif, car j’attends depuis 8 mois que le Ministère confirme ma chirurgie et l’attente de ces délais n’est pas évidente. Pour le reste de ma transition, ce sont de grandes réflexions que j’ai à avoir et des enjeux à considérer. Il y a plusieurs solutions et possibilités, mais il y a aussi des complications qui peuvent survenir. Pour l’instant, je suis bien et chaque personne trans de la communauté a le droit de choisir le parcours qu’elle désire au niveau social, légal, hormonal et chirurgical. Plusieurs facteurs nous amènent à faire nos choix et ça nous regarde chacun personnellement. L’important, c’est notre bien-être avant tout.

Marie-Virginie, 22 ans, queer


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  1. Je me suis longtemps considérée comme bisexuelle. J’ai toujours cru bon de devoir dire que « j’aimais les deux», pour permettre aux gens de mieux me comprendre. Ma première relation a été à 12 ans avec une fille, malgré que je n’avais encore jamais nié pouvoir aimer être avec un gars. Finalement, j’ai développé des attirances envers les deux sexes au fil des années. Maintenant, mon souhait est de ne plus devoir m’expliquer. « Queer » est un terme général qui veut dire qu’on ne veut pas être étiqueté.e selon UN genre ou UNE orientation ou à UNE identité non-conventionnelle. On ne devrait pas avoir à expliquer pourquoi ni comment. J’aime qui j’ai envie d’aimer, je suis qui je suis et c’est tout.
  2. Je crois que le déclic s’est fait lorsque j’étais fatiguée de devoir m’identifier et répondre à des questions comme « Ouin mais t’es quoi, toi?», « T’es lesbienne ou bi?», « T’aimes les gars ou les filles? ».  C’est le genre de questions qui m’ont fait me remettre en question et qui me rendaient mal à l’aise.
  3. Il n’est jamais trop tard pour se faire le cadeau de ne pas se créer de pression pour se catégoriser par notre identité sexuelle ou de genre, ou dans quelconque aspect de notre vie. Soyez vous-mêmes et laissez vos sentiments vous guider. Vous n’avez pas à vous justifier sur ce qui vous allume, et le meilleur conseil que j’ai à vous donner est qu’on a seulement une vie à vivre, alors vivez-là telle que vous l’entendez.

Par Émilie Potvin

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