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Humour et féminisme

« Voyons, fâche-toi pas, c’est juste une joke ! »

J’entends ça souvent.

Et la plupart du temps, je ne suis pas fâchée.

Je ne trouve pas ça drôle.

C’est tout.

Une autre blague sur les femmes, sur les blondes, sur les femmes d’autres origines ethniques, sur les féministes.

Les mêmes stéréotypes

encore.

« Fais pas ta féministe frustrée… »

Moi qui renforce le cliché.

De celle qu’on dit qui sait pas rire

qui n’aurait pas d’humour.

Je ne sais pas quoi répondre.

Je n’ai pas de répartie hilarante

réplique cinglante

réponse intelligente à envoyer.

Ça, ça me frustre.

« C’est tellement plus joli, une femme, quand elle sourit. »

Maintenant, je suis fâchée.

Mais ce n’est pas le moment d’expliquer pourquoi.

De me lancer dans un discours

féministe sur fond de frustration.

Je ne vais convaincre personne.

Combattre le feu par le feu.

Je suis convaincue que face à une blague un peu déplacée

la meilleure réponse, c’est l’humour.

Apprendre à en rire,

pour mieux répondre, aussi

pour que ça m’affecte un peu moins.

Apprendre à rire pour

leur servir leur propre absurdité sur un plateau

tellement éclatant qu’ils ne pourront qu’en être éblouis

et en rire aussi.

Ça prend du temps en arriver là

ne surtout pas trop nous en demander

mais s’y rendre petit à petit

même si ça nous fatigue

même si des fois on n’a vraiment pas envie de rire

les yeux embués.

Surtout

ne nous excusons pas si on a réagi fortement

si on est pas léger·ère

si on n’a pas trouvé ça drôle

si on a été bête bitch boqué·e

Mieux vaut réagir que se taire.

Il faut réagir.

S’armer tranquillement

s’inspirer des autres

et d’autres

encore.

Source de la couverture : Giulia Marotta

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