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Changer de voie

Très tôt dans notre enfance, on rêve d’accomplir plusieurs choses. On se crée une idée préconçue de notre ligne de vie assez rapidement. Parfois elle change, mais parfois, on met beaucoup d’efforts à tenter de rester dans cette première voie qu’on a décidé de prendre il y a très longtemps déjà. Cette voie est composée de nos objectifs, de nos projets, de nos ambitions, de nos envies, de nos rêves… On se prépare souvent plusieurs plans de match pour arriver au bout de la voie qu’on a préalablement choisie. Sans que ce soit écrit noir sur blanc, on a souvent une bonne idée d’où on s’en va et de ce qu’on veut.

Prend-on assez le temps de se poser des questions? Cette voie que j’ai choisie il y a X années de cela, est-ce toujours celle que j’ai envie d’emprunter? Me convient-elle toujours ? Est-ce que je suis bien quand je marche sur cette voie ?

Parce que, t’sais, c’est possible de changer de voie.

**3 enfants, un beau mariage, mon BAC et un emploi comme travailleuse sociale, enseigner, avoir une maison… et tout ça, avant 25 ans, svp !**

Ça c’était la voie que j’avais choisie d’emprunter autour de mes 12 ans. Du moins, chaque fois que je jouais à la Barbie plus jeune, c’était ça que j’inventais comme vie. Premièrement, je ne vois pas où j’aurais bien pu trouver le temps de faire tout ça avant mes 25 ans. Puis j’ai récemment vécu une expérience qui m’a permise de me calmer un peu les nerfs. Le plan de vie que je me suis créé à cet âge-là, ça se peut qu’il ne soit pas réaliste. C’est tout à fait normal qu’il change, s’adapte et se modifie au gré du temps, puisque les expériences qui arrivent nous amènent à vivre de nouvelles choses et à découvrir des choses différentes qu’on aurait peut-être jamais envisagées.

Pour moi, tout a commencé en juin 2018. Enfin, j’ai terminé mon BAC en service social, après 5 ans de rush, car je l’ai fait à temps partiel en travaillant comme technicienne en travail social en même temps. YEAH.

Janvier 2019, officiellement travailleuse sociale, membre de l’ordre. DOUBLE YEAH.

11 mars 2019, ma première journée comme TS dans le réseau de la santé et des services sociaux, dans le secteur que je désirais plus que tout. TRIPLE YEAH.

14 mars 2019, le jour où j’ai démissionné du réseau, pour retourner à mon ancien poste. PAS MAL MOINS YEAH, non ?

On m’avait avertie de me laisser le temps de m’adapter au fonctionnement du réseau, moi qui fait carrière en intervention depuis plus de 7 ans, dans les organismes communautaires. Et puis paf, 3 jours après, je me retrouves en larmes.

OUTCH.

J’avais enfin eu ma job de rêve, j’étais enfin TS, dans le secteur que j’avais toujours convoité, du moins depuis mon stage, il y a plus de 5 ans. Je fais quoi maintenant ? Je n’avais pas vraiment envisagé d’autres options.

J’étais déçue, fâchée, désorientée. J’étais déçue de moi, car j’échouais lamentablement. Je ne me sentais pas bien dans mon nouveau milieu, et j’ai pris conscience rapidement que mes aspirations n’étaient plus les mêmes. Le rêve que je chérissais depuis plusieurs années venait de s’effondrer. J’avais fait mon BAC pour pouvoir faire exactement ÇA et voilà que je prenais les jambes à mon cou après trois jours.

J’avais tellement honte, car lorsque j’avais annoncé mon embauche, tout le monde me félicitait en me disant qu’enfin j’avais obtenu la job à la hauteur de mes compétences (on ne se le cachera pas, le milieu communautaire est malheureusement moins reconnu, encore aujourd’hui, et pourtant!). Alors quand j’ai été embauchée, je me suis empressée de faire une publication sur les médias sociaux pour annoncer la bonne nouvelle à tout le monde. Par contre, après ma démission, j’ai changé mon emploi sur Facebook de manière très confidentielle; pas question que mon échec soit public.

Rapidement, j’ai pris conscience que je ne venais pas d’échouer. Loin de là, même.  Trop souvent, on se fixe des objectifs sans considérer les expériences de vie, notre évolution et les changements d’intérêts. Et souvent, ces objectifs concernent des choses externes à soi.

Alors oui, j’ai cru échouer mon objectif qui était de travailler là-bas, mais au final, je suis sortie de ma zone de confort pour tenter une nouvelle expérience qui s’est avérée ne pas être faite pour moi. C’est ça la réalité. J’ai essayé, malgré toutes les craintes que j’avais. Si on analyse la situation, j’ai réussi mes objectifs fixés en janvier 2019; cesser de me faire subir des choses, me respecter et prendre soin de moi.

Et au final, le plus important, les objectifs qu’on se fixe sont faits pour améliorer notre bien-être, non ? Il n’est jamais trop tard pour changer de voie et de s’avouer qu’on s’est trompé si, au final, on y gagne plus de paix intérieure.

Par Vanessa Clément

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