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Vivre avec l’anorexie : une guerre qui ne semble jamais finie

J’écris ce texte car je crois qu’il y a encore beaucoup de stéréotypes rattachés aux maladies mentales, dont plusieurs aux troubles alimentaires. J’écris ce texte parce que j’aurais eu besoin de le lire lorsque j’ai commencé à me battre, j’aurais eu besoin de le lire lorsqu’on m’a diagnostiquée anorexique, j’aurais eu besoin de le lire lorsque les gens autour de moi semblaient croire que j’avais le contrôle sur cette maladie mentale.

Je veux souligner ici que j’ai bien utilisé l’expression « maladie mentale » pour parler de l’anorexie, car oui, c’est bien ce que c’est et, comme toute autre maladie, elle ne se contrôle pas juste à coups de « Ben voyons, t’es déjà mince! » ou de « Pourquoi tu fais ça? Dis-toi qu’au moins tu as accès à de la nourriture! ». Personnellement, mes parents ont été très présents lorsque c’est arrivé et m’ont fait consulter des professionnels qui ont su m’aider réellement, mais je sais que ce n’est pas la chance de tout le monde d’avoir des parents aussi compréhensifs.

L’autre point important que j’aimerais souligner est le suivant : non, ce ne sont pas que les filles qui en sont touchées et non, ce ne sont pas toutes des personnes maigres. Oui, leur but est de l’être, mais il ne faut pas sembler indifférent si on apprend qu’une personne n’étant pas maigre en est atteinte, car cela ne fera que la convaincre qu’elle n’a pas atteint son objectif. De plus, pour cette même raison, je ne crois pas que l’une des caractéristiques que l’on devrait associer à l’anorexie est le poids de la personne concernée. Surtout qu’elle peut être de nature mince, et de se faire demander en « blague » par les gens si elle est anorexique n’est pas nécessairement bon pour le moral non plus.

Comme toute maladie, on peut en guérir, mais je crois que c’est un chemin parsemé d’embûches. Ce que je veux dire par le fait que l’anorexie est une guerre qui ne semble jamais gagnée, c’est que malgré que j’aie été diagnostiquée à l’âge de 15 ans et vu bien des spécialistes depuis, il y a encore des jours où j’ai de la difficulté à me convaincre que je devrais manger, il y a des jours où me regarder dans le miroir me donne envie de pleurer. Par contre, il y a des jours où le meilleur moment de ma journée est de manger un sac de popcorn au complet et de ne pas le regretter, car chaque petit pas vers l’acceptation de la nourriture est un pas de plus pour gagner ce combat.

Alors, si tu souffres d’anorexie ou d’autres troubles alimentaires, n’hésite pas à demander de l’aide, des gens sont là pour toi et surtout, n’aie pas peur de le dire, car accepter que l’on a une maladie mentale est déjà un très grand pas qui m’a pris bien du temps à franchir.

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