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Anxiété, quand tu nous tiens

Juste avant les fêtes, j’ai accueilli quelque chose de nouveau dans ma vie. L’anxiété. Moi, anxieuse. Moi qui me pensais à l’épreuve de tout, au-dessus de mes affaires, en contrôle de ma vie. Ben non. C’est arrivé un matin, PIF PAF de même. J’suis rentrée au travail, mais ça feelait pas full. J’avais vraiment mal au cœur, mal à la tête, j’étais brûlée pis j’avais un méchant poing dans le chest qui me coupait le souffle. Pourtant, ça allait bien à la job, tout était sous contrôle. Il a suffi d’un commentaire du genre « hey Caro, ça va tu? » pour que je fonde en larmes. Mais quand je dis fondre, c’est genre, je braille à n’en plus finir, à gros sanglots pis à coups de mouchage de nez aux 30 secondes. Je venais de faire ma première crise d’angoisse. Je suis rentrée chez moi après m’être calmée un peu, étourdie, perdue raide, pis j’ai dormi, braillé, dormi, braillé… en alternance pendant les 12 heures qui ont suivi. Au début, je comprenais pas, je me disais que ça pouvait pas être ça. Que j’étais forte, capable d’en prendre, en contrôle de ma vie et bien dans toutes ces sphères. Y’avait rien qui, en apparence, me stressait.

anxiété trouble anxieux
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Je pense que je suis anxieuse depuis beaucoup plus longtemps que ça en fait, c’est juste que je ne l’admettais pas. Quand je suis allée voir ma doc pour ça, en prétextant que ça avait sûrement un lien avec ma médication pour l’épilepsie (ben oui toé), elle m’a montré un petit carton avec les symptômes associés au trouble anxieux. J’ai (encore) pleuré en lisant tout ça parce que je me reconnaissais trop. Difficulté à dormir, maux de ventre et de cœur, manque de concentration, et j’en passe, ben tous ces symptômes-là, je les vivais. Ce jour-là, même si ma doc m’a expliqué que le trouble anxieux pouvait être dû à un débalancement des hormones ou à l’hérédité, et qu’étant donné l’année difficile que je venais de passer, il était normal que je me sente dépassée, j’ai pleuré toute la journée. On dirait que j’associais ça avec du négatif, comme si j’avais échoué à garder le contrôle sur ma vie.

Si toi aussi, tu es quelqu’un d’anxieux, tu vas te reconnaître dans ce que je dis. Je sais pas pour toi, mais dans mon cas à moi, il m’arrive souvent de me sentir overwhelmed, submergée. J’me sens parfois comme si je nageais en plein océan, en pleine tempête, et que j’arrivais tout juste à garder la tête hors de l’eau. Je sais que j’ai tendance à être une personne assez intense qui veut plaire et qui dit oui à tout, et je suis consciente que c’est l’une des causes de mon anxiété. C’est pour ça que, parfois, je me sens envahie par mon agenda trop chargé. Mon cerveau arrête juste jamais. Et c’est pire le soir, quand je me couche. J’ai l’impression d’avoir 10 millions de flashs pis de pensées qui se battent pour avoir le premier rôle dans ma tête. J’over analyse toutes les situations que j’ai vécues dans ma journée, tous les moindres petits commentaires incertains ou inconfortables que j’ai dits ou reçus, tous les textos pas clairs, toutes les opportunités que j’ai manquées. Bref, j’ose croire que c’est un signe d’intelligence, de constamment se questionner. Mais en même temps, maudit que ça gruge de l’énergie.

anxiété trouble anxieux
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En contrepartie, même si j’essaie de me convaincre que mon obsession de tout analyser est synonyme de sagesse et de connaissance, j’ai trop souvent le syndrome de l’imposteur. Est-ce que je suis assez compétente pour ma job? Est-ce que je suis une assez bonne copine? Est-ce que je suis bien placée pour passer ce commentaire-là? Est-ce que j’ai assez de talent pour participer à cet événement-là? Je suis pas mal certaine que ça aussi, ça fait partie de mon habitude de tout vouloir analyser et, par le fait même, ça vient picosser l’anxiété qui se tapit au fond de ma tête.

L’affaire, c’est qu’au début je pensais pas que c’était possible de ressentir de l’anxiété sans savoir pourquoi. Je me disais que j’étais heureuse (et je le suis) et que tout allait bien dans ma vie, donc que j’étais à l’épreuve de tout ça. Certes, il y a des circonstances qui font monter l’anxiété, comme un examen, une entrevue, une dispute, une situation relationnelle complexe, mais en réalité, on peut être anxieux sans raison apparente. Et ce n’est pas à prendre à la légère.

Sur ce, si t’as l’impression que ça feel pas, je te conseille d’aller voir ton médecin, un psychologue ou thérapeute qui saura t’aider et te donner des moyens de calmer ton anxiété. Ma docteure à moi m’a vraiment aidée et m’a fait comprendre que je n’étais pas seule et que c’était important d’en parler.

Et c’est pourquoi je tenais à t’en jaser aujourd’hui. Parce que si tu te sens concerné.e, même si je te dis que tout va bien aller, tu as probablement besoin de plus qu’une p’tite tape dans l’dos. Sache seulement qu’il y a de l’aide disponible, et surtout, que ça ne devrait pas être tabou, tu n’es pas seul.e.

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One thought on “Anxiété, quand tu nous tiens

  1. Wow juste merci pour se texte sa me fait du bien de voir que je suis pas seul et lire des texts comme sa fait tellement du bien☺ bonne soiree et surtout lache pas xx

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