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J’ai mal aux femmes

Je trouve que les femmes souffrent beaucoup.

Beaucoup trop.

Il me semble que l’érosion de nos droits est constante
et notre réelle situation invisible,
placée en sourdine face aux fracas abrutissants des médias sociaux, des grands titres et des tendances.

#beachbody, #perfectmom, #bitches, #hotgirlswanted

Depuis le 15 mai que ça tourne dans ma tête,
depuis que l’Alabama a criminalisé l’avortement,
depuis que j’ai réalisé qu’on prenait vraiment (mais vraiment) nos droits pour acquis.

Acquisition que les femmes avant nous ont rendu possible.

Ces femmes qu’on ne sait même pas nommer sur le bout de nos doigts;
on ne sait pas ou on s’en fout?

On dort mieux ne sachant pas vraiment à quel point le droit à l’avortement est précaire,
ne sachant pas vraiment quelle est la situation des femmes.

On pourrait s’informer davantage, mais on écoute Netflix à la place.

Je dis « on », mais je parle au « je ».

JE me suis fait catcaller ce matin, en revenant du gym.

J’AI répliqué que c’était franchement irrespectueux.

J’AI quand même shaké en dedans,
tremblé d’émotions et de rage, de frustration et de peur.

Parce que je me dis qu’en 2019, ça devrait être mieux.

Parce qu’à quelque part, en 2019, c’est pire.
Pire, ici et ailleurs.

Comme au Yémen où les femmes sont sur la première tranchée du désastre humanitaire1,
comme en Inde, a.k.a. le pays le plus dangereux du monde pour les femmes2.
comme chez nous, où les femmes autochtones disparaissent et meurent3.

Encore aujourd’hui.

Encore aujourd’hui, j’ai mal aux femmes. J’ai mal en-dedans et je me dis que c’est une bonne chose. C’est rassurant que ça m’atteigne, que j’y pense la nuit, et que je ne puisse plus m’acheter un chandail fait aux Bengladesh sans m’imaginer une fille (ou un garçon) de 16 ans qui travaille dans des conditions horribles pour coudre ce haut qui va parfaire mon outfit of the day pour mes selfies. C’est rassurant de s’indigner, de changer et d’en parler. D’en parler pour que ça bouge.

Pour que ça brasse.

Allons-y. Parlons-en haut et fort.

Éduquons-nous les uns, les autres, les hommes aussi.

Question que les femmes souffrent moins.

Beaucoup moins.

Source : Unsplash

Références : 1 / 2 / 3

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