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Ode aux « averages »

Pour plusieurs, début juin rime avec fin d’une session. Les notes finales commencent tranquillement à rentrer et on souffle enfin (ou on pleure un peu, parfois les deux en même temps!).

Certains auront performé, d’autres auront des notes qui frôleront les nuages, sans oublier ces personnes qui sont tellement bonnes qu’elles pourraient trouver à elles seules le remède pour le cancer et l’Alzheimer. Il y aura aussi ceux qui feront en sorte qu’un jour, un prof sera fier de dire : « C’est à lui que j’enseigné la chimie organique, il y a 15 ans! ».

De l’autre côté, il y aura ceux qui auront tout donné, ceux qui se seront défoncés, mais qui n’auront pas été à la hauteur. On leur dira qu’ils ont fait de leur mieux et que c’était parfait, qu’ils vont trouver leur voie et qu’ils ne doivent pas abandonner.

Mais quand tu es dans le milieu, tu fais quoi? Quand tu es cette personne average qui tourne parfois autour de la moyenne et qui pourrait sûrement, avec un shitload de motivation, « scorer » un peu plus haut? C’est vrai pour l’école, mais aussi pour toutes les sphères de la vie.

J’ai longtemps pensé que cette personne était paresseuse. « Come on, tu réussis, tu sais comment faire. Réussis donc un peu plus, un peu mieux. Atteins cette “perfection” instaurée par le monde autour de toi. » Je pouvais passer des heures dans mes livres, déclinant des invitations pour finir un travail qui aurait déjà dû être terminé (mais révisons-le, juste au cas). « Je vais tenir cette posture plus longtemps que les autres dans le cours de yoga, parce que je suis capable. Je suis capable. »

Oui, fille/gars, t’es capable, mais en as-tu le goût?

Un jour, ça m’a frappé : je fais tout correctement, les gens autour sont bien fiers de moi, mais est-ce que je suis vraiment plus heureuse? On s’entend que certains d’entre nous passent une quinzaine d’années sur les bancs d’école et une vie entière dans des domaines qui nous mettent en situation de compétition. On peut facilement passer à côté de notre jeunesse et de beaucoup de choses importantes si on est trop concentrés à aspirer à plus. Un cours de yoga, on le fait pour soi, pour se calmer et respirer… La seule personne qui va remarquer que tu tiens encore le chien tête en bas, c’est toi. J’ai commencé à sortir plus, à apprécier chaque jour un peu plus. Étudie/travaille pour vivre, mais ne vis pas pour étudier/travailler!

Je ne dis pas non plus de ne pas mettre les efforts nécessaires dans ta réussite, mais je t’invite fortement à considérer ta santé mentale et ton bien-être dans l’immédiat. Cesse de te dire que quand un certain événement va arriver, tu vas enfin pouvoir être heureux(se) et moins anxieux(se). Que tu vas enfin pouvoir prendre le temps de vivre. La vérité c’est que ta vie est aussi en train de te filer entre les doigts, ici maintenant, et que quand tu seras rendu(e) plus loin, ta compétition va juste être ailleurs.

Bref, cher(e) average, cher(e) 72 %, employé(e) qui travaille beaucoup trop pour cette promotion ou sportif(ve) qui veut lever plus lourd que la personne à côté de toi : ça sert à rien. Tu vas te faire mal.

Cher(e) toi, qui, cette session, a eu du fun, a rencontré du nouveau monde, a eu des maudites belles semaines et qui, finalement, a choisi de voler vers l’été le cœur léger : je te garantis qu’en fin de compte, tu gagnes autant, sinon plus, que la personne qui a encore son laptop ouvert à 3 h du matin, « parce qu’on n’est jamais assez préparé! ».

You are enough.

Photo : Allie Smith
Source : Unsplash

 

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