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Déménager dans un autre pays

Mercredi soir, ma salle à manger. Alors que j’écris ces lignes, je suis au milieu de l’appartement qui m’a vu rire, pleurer, stresser et vedger depuis plus de trois ans.

Celui à qui je dirai au revoir dans un peu moins d’un mois.

Ça me fait étrange. En ce moment, en ce mercredi soir ensoleillé à Montréal, je feel croche.

Ça dépend des jours. Des fois, je suis excitée. Des fois, j’ai hâte.

Mais là, en ce moment, à 19h36, je file à l’envers. Je suis fâchée, je suis triste, je me sens vide, c’est bizarre.

Dans un peu moins de deux mois, je serai de l’autre côté de l’océan. En Angleterre. Dans un mois et quelques semaines, je mettrai les pieds à l’aéroport de Heathrow, deux grosses valises en main, me dirigeant vers mon nouveau logis.

Celui où se trouve mon copain avec qui j’entretiens une relation à longue distance depuis plus d’un an.

Y’a des jours où je suis folle comme de la marde face à toutes les possibilités qui s’offrent à moi. Y’a des jours où je me vois déambuler Regent Street avec un béret (oui) et un trenchcoat bleu électrique, créant des regards envieux autour de moi (parce que j’aurai don’ un style irréprochable). Y’a des jours où l’idée de repartir en quelque sorte ma vie à zéro – notamment d’un point de vue professionnel – me donne des frissons. Des bons frissons.

Mais là, en ce moment, à 19h39, ce n’est pas le cas.

Je me sens seule. Je suis stressée. Ça me fait chier de devoir gérer mon déménagement avec mes deux bras de poulet. Ça me stresse de devoir régler la fin de mon emploi ici à Montréal. Mon déménagement. Mes contrats sur le côté. Ma business de biscuits. Mon visa. De penser à des choses banales, mais importantes, du genre allô qu’est-ce que je vais faire pour ma pilule contraceptive une fois rendue là-bas?

Chaque jour, je me réveille ne sachant pas comment je vais me sentir à la fin de la journée. La vérité, c’est que ce saut me fout royalement la chienne. Et les commentaires des gens, ces « wow, c’est tellement un gros move! », ils ne font qu’ajouter à ce stress.

Mais là, en ce moment, à 19h44, je me dis que ce ne sont que des belles choses qui vont arriver. Que le meilleur est à venir. Que c’est la première fois de ma vie que je vais réellement écouter mon cœur. Que oui, je vais laisser partir cette zone de confort qui me cajole dans Villeray depuis quelques années. Mais que de l’autre côté de cette zone de confort, le fun va commencer.

Le vrai fun.

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