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Les belles peines d’amitié

« Le bonheur, ça dure cinq secondes. »

Madame Boss me dit ça au travail. Le bonheur, ça dure l’instant présent, et l’instant présent, c’est déjà du passé si tu y penses encore.

Depuis que je suis haute comme trois pommes, j’ai tendance à aimer plus fort qu’on m’aime. J’ai de l’amour gros comme le monde, mais j’ai des yeux bien myopes pour voir l’amour qui m’est donné en retour. Ça m’a longtemps fait de la peine, mais je suis maintenant en paix avec le fait que j’ai des besoins différents de la majorité et que ça fait que j’ai souvent plus besoin de voir mes ami.e.s qu’iels ont besoin de me voir.

Je carbure à l’amour, cette énergie qui fait briller tout ce qu’on a de plus beau en nous, tout ce qu’il y a de plus beau dans le monde. Je trouve qu’on n’en donne pas assez et qu’on n’est pas assez habitué.e.s d’en recevoir. Alors j’en donne plus que les gens en demandent et je me nourris des rencontres sincères qui fondent cet amour.

Les années ont vu s’accumuler des myriades de cinq secondes, et trop souvent je me suis accrochée à ces cinq secondes comme si elles étaient en voie d’extinction. Je suis profondément sociable, quoique pour toujours indomptable, et si je trouve une personne dont la rencontre crée des espaces magiques où le temps s’arrête pour cinq secondes, j’ai ben de la misère à la laisser filer entre mes doigts. Je m’accroche à l’amitié comme ton chien qui te saute dessus au retour à la maison.

Mais les cinq secondes évoluent, la vie continue et parfois l’amitié n’est plus ce qu’elle était. Et moi, qui cherche encore et toujours ce fameux amour qui fait éclore les cinq secondes, je me vois déçue quand je réalise que mon acolyte du bonheur a trouvé son bonheur ailleurs.

Et pourtant, la vie est un voyage. People come and go. La fin d’une escapade est souvent le début d’une nouvelle aventure. Et la vie m’a prouvé à plus d’une reprise que personne n’est irremplaçable, que tout le monde part un jour (crédit à Les Frères Scott), mais que le bonheur dure cinq secondes et que ces cinq secondes peuvent être partagées avec de nouvelles personnes sans rien effacer des cinq secondes précédentes qui brilleront doucement dans mes larmes qui chuchoteront « bye, je t’aime » à celleux que j’aimerai toujours d’un amour qui ne sait pas mourir, mais qui m’embrase différemment au fil des cinq secondes.

Dans les balbutiements d’une amitié, ça m’arrive d’avoir le cœur pétillant; le bonheur frissonne comme de l’électricité partout dans mon corps. La fin d’une amitié se solde souvent par un pétillement similaire avec une fragrance de nostalgie; l’électricité chatouille mon cœur une dernière fois comme des guirlandes de Noël qu’on sait qu’on va ranger à la fin du temps des fêtes.

On s’est aimé.e.s comme on se quitte, et chère personne formidable avec qui j’ai passé plus de cinq secondes que si je ne t’avais pas côtoyée, je te remercie pour toutes ces cinq secondes de plus dans ma tirelire de bonheur, tu seras à jamais dans mon cœur, ce cœur qui digère encore les derniers pétillements de toi. Merci d’être toi. Je te souhaite plein de cinq secondes, mon ami.e. Pis hésite pas si t’as envie de partager d’autres cinq secondes. Je t’aime fort. Bisous.

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