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Éditrice, lectrice… Autrice?

« “Autrice”, c’est tellement laid! »

« Je ne comprends pas pourquoi on utilise le terme “autrice”. »

« “Auteure”, ce n’est pas suffisant? »

Entendre la différence

Ce sont des commentaires qu’on entend depuis que le mot « autrice » est davantage utilisé dans les médias. Et pourtant, c’est loin d’être le seul mot dont la féminisation est en « trice » plutôt qu’en « teure ». Pourquoi ne se satisfait-on plus du terme « auteure »? Parce qu’on souhaite faire entendre la féminisation. Parce que notre langue est sexiste; le masculin l’emporte toujours sur le féminin. Même lorsqu’il y a un rat et cinq cents femmes dans la pièce, on écrira que touS sont assiS. Donc, pour redonner sa place au féminin, le mouvement féministe utilise de plus en plus le mot « autrice », car on entend la différence, plutôt que de seulement la voir. D’ailleurs, si je dis : « L’auteure de ce livre est Dominique Demers », seuls ceux qui connaissent l’autrice sauront que je parle d’une femme, car à l’oral, on n’entend pas la différence. Et on veut pouvoir entendre le féminin. Donner une voix au féminin.

Actrice, créatrice, lectrice…

D’ailleurs, dans le milieu des arts, plusieurs termes masculins se terminent en « trice » lorsqu’ils sont mis au féminin : acteur/actrice, animateur/animatrice, créateur/créatrice, lecteur/lectrice, éditeur/éditrice… Pourquoi on accepte que celle qui produit le livre et que celle qui le lit aient un nom féminin qui finisse en « trice », mais on refuse que celle qui écrit le livre soit nommée « autrice »?

Autrice : des origines latines

Sur un point plus théorique, le terme « autrice » vient du latin « autrix ». C’est donc un mot bien formé à l’origine. Je vous invite d’ailleurs à consulter une vidéo très intéressante juste ICI.

Le milieu littéraire interdit aux femmes

Par ailleurs, la littérature a longtemps été un domaine réservé aux hommes. Certaines femmes se cachaient sous des noms d’emprunt. Qui ne connaît pas George Sand? Mais qui connaît Aurore Dupin? C’est pourtant la même personne. Si aujourd’hui cela dérange qu’on entende le mot « autrice », c’est parce qu’on a été trop longtemps habitué.e.s à ce que les femmes se fondent dans un milieu d’hommes, trop longtemps habitué.e.s à l’invisibilité des femmes.

Le terme « autrice » permet de redonner une place bien méritée aux femmes. Mais le changement dérange toujours. Et cela prendra du temps avant qu’on s’y habitue. Faut seulement être prêt.e.s à changer ses habitudes.

Source photo de couverture : Pixabay

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