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L’importance de la solidarité féminine

Sororité, comme dans fraternité au féminin.

Récemment, je suis tombée (encore une fois) sur une série télé où les filles s’obstinent à essayer d’être plus belle fine intelligente que les autres. Littéralement, ce qu’on raconte d’elles, c’est ça, es-tu plus fine que l’autre madame? Elle se pogne-tu le monsieur avant l’autre madame? Elle a-tu un meilleur travail que l’autre madame?

Comme si être une fille et vivre une vie de fille ça se résumait rien qu’à ça, à « bitcher » le gazon de la voisine.

Comme si, à la base, le gazon de la voisine avait à voir avec notre gazon à nous.

Je trouve souvent qu’on est mal représentées, qu’on est illustrées comme des humains qui ne font que se comparer, se jalouser et chercher à descendre l’autre pour se remonter.

Alors qu’on est tellement plus que ça.

C’est super bon Mean girls parce que c’est une réalité, mais c’est pas toutes les réalités. On a pas toutes été élevées en Afrique en flattant des bébés lions pour finir dans une école secondaire de cliques clichées américaines le tout en étant des vraies bolées en mathématiques et en essayant d’abolir les plastiques et Regina George. (Cela dit si celle qui l’a vécu pour vrai existe elle a toute mon admiration!)

On est une méchante gang, un bon 50 % de la population mondiale, j’vous jure qu’on a mieux à faire que se parler dans l’dos à tour de bras.

On a mieux à faire que d’haïr la nouvelle blonde de nos ex, mieux à faire que de se « stalker » sur Instagram pendant des heures, mieux à faire que de potiner et potiner jusqu’à ce que mort s’en suive.

Ou en tout cas, j’espère.

Une fois, en écoutant Méchant changement (s’cusez de la référence ado-rénovation) y’avait une fille qui avait dit « moi j’ai juste des amis de gars, c’est ben trop compliqué les filles ». Ça m’a marqué, ça m’avait fait de la peine sur le coup. Je trouvais ça pas vrai, les filles sont pas plus compliquées que les gars hein maman?

Mais on aime ça dire ça. « Ah j’suis compliquée ». On aime ça s’effacer, donner une explication à nos comportements pour rassurer les autres. On a appris à être comme ça, rassurantes.

Et c’est vrai qu’au secondaire les filles sont pas toutes gentilles, y’a des bons bouts j’étais pas fine pantoute pis ça m’arrive encore c’est pas ça l’affaire, l’affaire c’est que les gars aussi étaient pas fins, j’vous jure. Ils mentaient, rejetaient, trompaient, riaient, s’inquiétaient, se chicanaient. Exactement comme nous.

On est pas compliquées.

Pis on est ensemble.

Parce que j’en passe des soirées sangrias avec mes amies et on peut facile niaiser 5 heures sans « bitcher » qui que ce soit, wow épatant!

Parce que c’est important, de prendre soin de nous, de se demander si vraiment on a raison d’être en colère contre une autre fille, de se demander si ça vaut toute notre énergie de madame fâchée. Parce que je sais pas vous, mais si je pense aux dernières que j’ai boudées, c’était toutes à cause d’un gars que j’ai aimé. Parce que j’avais de la peine dans le cœur à cause de l’amour, pas à cause de la pauvre fille qui fait du mieux qu’elle peut pour avancer dans’ vie.

Faut arrêter de se blâmer entre nous pour les maux qu’on a dans le ventre.

Faut s’écouter, comme des sœurs, comme la famille. S’aimer peu importe. Être rassurantes les unes pour les autres. Même quand ça nous arrive d’être pas fine-fine comme ça arrive à tout le monde de se lever fâché.

Ça se fera pas en deux-trois jours, mais je pense que si on est capables d’affirmer en chœur qu’on est plus que ça, les médias, pis les films, pis les petites filles auront pas le choix de se joindre à notre gang.

Un genre de club des baby-sitters où on prend pas soin de bébés mais on prend soin de nous.

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