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L’amour de soi prend plusieurs formes

Être lesbienne, gai, bi, trans ou « queer » (LGBTQ+), c’est quoi? « C’est une mode, c’est un jeu d’enfant-roi en crise, c’est une passe… », que j’entends de la bouche de ceux qui ne sont apparemment pas concernés par ces termes. Je ne suis pas d’accord avec ça! Je ne suis pas médecin ou sexologue, encore moins psychiatre, sociologue ou scientifique, mais je suis une jeune femme qui se sent libérée depuis qu’elle a affirmé au début de sa vingtaine son orientation sexuelle homosexuelle au grand jour! J’aurais aimé le faire avant, mais la vie nous apprend beaucoup par ses expériences.

Alors, du haut de mon expérience personnelle et de mes constats face à mes amis et amies trans, gais, bis, lesbiennes ou « queers », je constate que ces termes révèlent beaucoup plus qu’une « préférence » sexuelle, qu’une expression de son apparence « conforme à la société », c’est une relation particulière avec son identité: L’ACCEPTATION et l’amour de soi.

Qu’est-ce le LGBTQ +, alors? Il y a en fait tout un spectre d’identités bien méconnu qui sommeille au cœur de chaque être humain, car la vie est un bouquet de nuances. L’humain, ce n’est pas qu’un genre (femme, homme ou autre) à cocher sur un formulaire du gouvernement ou sur un profil Facebook, c’est des émotions, des expériences : une vie inscrite dans un corps et… un coeur! 

Le genre c’est quoi? Question simple, non? Je suis une femme ou je suis un homme, non? Et si je vous disais que c’est plus que ça, que diriez-vous? Vous me traiteriez d’extraterrestre? Et pourtant… Selon les sociologues, le genre se divise en trois sphères distinctes : il y a le genre dit biologique, donné à la naissance, l’identité de genre, qui se construit autour de soi au cœur des expériences vécues et l’orientation sexuelle : une préférence de genre vers lequel nous sommes attirés en relation.

Il y a un spectre assez large d’identité de genres. Il ne s’agit pas ici du genre assigné à la naissance, mais bien du genre que chaque personne endosse par rapport à elle-même en tant qu’humain vis-à-vis de la norme préétablie dans la société depuis la nuit des temps. Cette « philosophie » plutôt normative des genres par l’institution est souvent dénommée en sociologie comme le « cissexisme ». Ainsi, un « cissexuel » est un être dont le sexe génital et le sexe social sont parfaitement accordés. Le LGBT+, c’est-à-dire les gens d’une orientation sexuelle ou d’une identité de genre divergentes à la norme préétablie, ce sont, quant à eux, réapproprié le terme anglo-saxon « gender-queer » pour dénommer toute personne « divergeant de ce cadre “hétéronormatif”, ce qui, en soi, recoupe un éventail assez large de personnes, n’est-ce pas? Vous voyez que la question est plus complexe que ce qu’elle laisse paraître!

Mais ça n’arrête pas là! Il y a même des personnes qui se sentent complètement neutres par rapport à leur genre, ces personnes sont souvent dénommées agenres ou “neutrois”, c’est-à-dire des personnes qui se voit à l’extérieur de ce cercle de non binarité. Les non binaires, parfois appelés les intersexes sont, au contraire, à mi-chemin entre les deux pôles opposés du genre masculin et féminin. Les genres variants, quant à eux, se disent d’un genre “non conforme” et les fluid-gender, ce sont des gens qui s’associent un peu aux deux pôles selon le contexte et la situation.  Pour ces multiples nuances de genre, le pronom “illes” a été créé par la communauté LGBTQ+.

J’avais oublié de vous dire de prendre un calepin et un crayon avant de lire mon article, hein? Ce n’est pas fini. Et la transsexualité, est-ce pareil? Et non. Certains me diront : « La transsexualité, c’est une maladie. » C’est absolument faux. La transsexualité est la solution pour calmer la dysphorie de genre qui est, selon le DSM : « une détresse de la personne transsidentitaire face à un sentiment d’inadéquation entre son sexe assigné et son identité de genre ». La dysphorie de genre amène un mal-être terrible. La transsexualité n’est donc pas un simple jeu de rôle, mais bien une forme de thérapie pour atténuer la détresse causée par la dysphorie de genre autant sur le plan physique (apparence ressentie différente de l’apparence visible de naissance) que sur le plan mental.

Et les orientations sexuelles alors? Tout est une question d’attirance hormonale d’un individu d’un sexe « x » vers un autre sexe, soit du même sexe ou du sexe opposé. Ce n’est pas une maladie non plus, c’est une caractéristique naturelle du corps comme la couleur des yeux l’est à la naissance. Ainsi, il est possible de devoir faire et un “coming-out” de transsexualité et un “coming-out” d’orientation étant donné que les deux réalités sont autant comparables par leur marginalisation par rapport au cadre “hétéronormatif” que distinctes dans leur manifestation. À ce sujet, après son premier “coming-out” de transsexualité, mon bon ami Allen Simard, transsexuel, a dû aussi faire comprendre aux gens qu’il avait toujours été attiré par les hommes, mais que ce qui lui manquait pour s’assumer pleinement, c’était d’avoir en premier lieu une apparence dans laquelle il se sentirait LUI-MÊME!

En fait, peu importe ton étiquette et sa raison d’être, ce qui interpelle chaque personne c’est d’être bien dans sa peau et dans sa tête pour un meilleur amour de soi.

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