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Tu n’es pas seule…

Un jour en 2009, un rendez-vous banal comme les autres…

Et puis, la délivrance.

Après plus de quatre ans de douleurs et de questions, on t’a enfin donné un nom. Endométriose.

Tu es une maladie génitale très complexe et aussi très mal connue. Qui ne se diagnostique pas facilement et qui, malheureusement, touche beaucoup trop de femmes dans ce monde.

Les premiers symptômes à 18 ans…

Le gynécologue qui te fait une batterie de tests pour des MST aux noms imprononçables, qui te change de pilules trois ou quatre fois en te disant que tu ne la supportes pas, qui te dit que ce sont juste des règles douloureuses, que ça passera, que tes hormones sont encore en train de se mettre en place dans ton jeune corps… Toi qui souffres mais qui le crois malgré tout.

Cela a duré quatre ans.

Quatre ans de douleurs abdominales à vouloir crever. Où tu sens ton utérus se plier et tes ovaires être comme écrasés dans un étau. Où tes règles se comportent comme les chutes du Niagara à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Où ton partenaire ne comprend pas ce que tu ressens et où tu ne le supporte plus dans l’intimité.

Tout ce temps à te demander ce qui ne va pas et à te dire que tu n’es pas normale, voire que tu es sale…

Mais dans cette douleur, on apprend à gérer les crises. À faire le petit chien lors des crampes abdominales. À s’habituer malgré tout et à continuer à vivre dans l’ignorance.

Il m’aura fallu déménager et consulter un nouveau gynécologue au hasard pour te découvrir.

Un rendez-vous et on te donne un nom.

Une opération et on t’arrache à moi.

Je te connaissais, je t’avais adopté, mais tu as laissé en moi une douleur morale bien plus forte que ce que tu m’as fait subir physiquement.

Quand je parle de toi, c’est plutôt compliqué de te décrire, alors j’ai pris l’habitude d’expliquer que tu es comme une petite araignée qui se balade dans mon appareil génital, qui à chaque patte posée en moi, fait un trou appelé nodule, qu’entre chaque nodule, tu tisses ta toile et que tes fils s’appellent « adhérence ».

On m’a opérée en cœlioscopie. On m’a annoncé que tu avais pris une de mes trompes. On m’a expliqué que peut-être tu avais fait de plus gros dégâts, ce sera à voir au moment d’une envie de maternité. On m’a mise en ménopause forcée pour endormir tes restes. On m’a privée de règles, de ce qui selon moi fait de moi une femme, pour que tu ne reviennes pas.

Tu as fini par me détruire, par me faire croire que jamais je ne serai mère, que jamais je ne redeviendrai une femme.

Tu m’as tuée moralement et pourtant, un jour, c’est moi qui ai fini par te détruire.

Je te surveille régulièrement depuis ce jour, et cela durera le reste de ma vie…

Je m’adresse donc à toi, à vous qui, comme moi, partagez votre vie avec cette maladie sournoise et vicieuse. Cette maladie qui fait mal au ventre comme au cœur.

Alors à nous, ces femmes de tout âge et de tout horizon : vous n’êtes pas seules. Vous êtes belles et fortes.

Et à toutes celles qui ont peur de parler, de se confier, d’expliquer les douleurs, les symptômes… : foncez, n’ayez pas peur, vous êtes merveilleuses et cette maladie ne doit pas vous avoir.

Je crois en vous, en nous et aux générations à venir.

Par Sylvie Poupard

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