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Un enfant si je veux, quand je veux… et comme je veux!

Dans les années 60-70, ce qu’on appelle la deuxième vague féministe a soulevé beaucoup d’enjeux qui touchaient à la réappropriation du corps féminin par les femmes et l’affirmation de leur autonomie. Un des slogans du temps, principalement en ce qui a trait au le droit des femmes à disposer de leur corps comme elles veulent : « Un enfant, si je veux, quand je veux ! » Cela affirmait clairement des revendications d’accessibilité aux méthodes de contraception et au droit à l’avortement.

Aujourd’hui, j’entends rajouter à ce slogan : «… comme je veux ! » par des personnes qui s’expriment sur leur volonté d’avoir un enfant de la manière qu’elles le décident. Le libre choix, jusque dans l’accouchement, qui est bien souvent une chasse gardée des médecins et des hôpitaux. Mais n’allons pas trop loin sur ce sujet, ce pourrait être matière à un autre texte.

Les remises en question du droit à l’avortement en ce moment réveille ses enjeux qui revêtent une importance capitale. C’est un droit fondamental, pas juste d’un point de vue féministe, mais humainement parlant.

C’est d’abord important d’affirmer son droit de se choisir un futur, une vie. D’un point de vue féministe, ça voulait et veut encore dire d’avoir le droit de ne pas avoir d’enfant. À moment donné, précis dans le temps à cause du contexte, ou pour toute sa vie. Une femme n’est pas réduite à sa capacité à donner naissance, elle ne se résume pas à son utérus. Elle n’a pas que de la valeur comme personne en ce qui a trait à son potentiel maternel.

« Comme je veux », pour moi, ça parle aussi des circonstances entourant la venue possible de cet enfant. Donc, oui, l’accouchement, mais aussi la maison, la ville, la société, le monde dans lequel cet être pourrait naître.

Je ne sais pas si je veux des enfants.

Peut-être que je vais changer d’avis.

Peut-être que mon horloge biologique va me sommer de me reproduire.

Peut-être que je ne pourrai résister à son appel.

Peut-être que je vais en attendre un de tout mon cœur.

Peut-être pas.

En ce moment, mon choix serait de ne pas en avoir. Jamais.

Pas juste parce que les conditions ne sont pas favorables maintenant.

Pas juste parce que je ne suis pas certaine d’être une bonne mère.

Mais aussi parce que le monde.

Parce que la marde.

Toute la marde.

Je m’inquiète de notre avenir. À nous qui sommes déjà dans ce monde.

Je n’imagine donc pas amener un autre humain sur terre.

Et parce que.

Juste parce que.

Je ne hais pas les enfants.

Je ne veux pas culpabiliser ceux qui en veulent, ceux qui en ont.

J’espère que tout se passe le mieux possible pour eux.

Je ne pense pas que ce chemin sera le mien.

Et je souhaite que ma réalité ne sont pas invisible, inaudible, indicible.

Je la vois, l’entends, la sens beaucoup autour de moi, tout bas.

D’autres la partagent.

Elle existe.

Et nous ne sommes pas moins humains pour autant.

Nous n’en perdons pas notre droit de vivre, d’agir, de dire.

Nous ne méritons pas la prison ou la mort.

C’est insensé.

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