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Être conne

Suis-je conne?
Une imbécile heureuse?
D’une idiotie limpide?
D’un vide aberrant?

La fille, elle ne catche pas toujours vite vite.

C’est pas une 100 watts, ni le crayon le plus aiguisé de la boîte.


Source : Tenor

Je n’ai point, sur les cloisons de mon humble chaumière, de nombreux diplômes universitaires, de mentions de distinction ou de photos d’une famille parfaite aux dents trop blanches.

Je n’ai point gracié ce monde d’une cure contre le cancer, d’une neuvième symphonie ou bien d’une photo d’un trou noir qui a l’air d’un beigne Krispy Kreme.

Parce que je suis conne.

Je compte encore sur mes doigts, souvent, surtout quand la pression du crible augmente, et c’est gênant. Tu te fais dire : « Voyons, tu comptes encore sur tes doigts?! T’as quel âge?! »

Je ne me souviens jamais si c’est « appeler » ou « apeller ».

Je fais beaucoup de fautes d’orthographe et je google encore certains mots pour savoir comment les écrire ou ce qu’ils signifient, surtout lorsqu’on s’obstine lors d’une chaude game de Boggle. Ça aussi, c’est gênant.

« Esti qu’elle est niaiseuse! »

J’ai encore à ce jour de la difficulté à nommer dans l’ordre les provinces du Canada.

Souvent, quand mes amies ont des conversations de sujets que je qualifie de « gros sujets ben ben sérieux », par exemple ce qui rime avec politique, gouvernement, hypothèque et philosophie, je me perds.

Je deviens Joey.
Je ris parce que tout le monde rit, mais je n’ai pas pogné la joke pantoute.


Source : Giphy

À l’école, c’était difficile. Les profs n’arrivaient pas à capter mon attention, je ne retenais presque rien, je devais aller à presque tous les cours de rattrapage juste pour espérer la note de passage.

Je sais que je n’étais pas seule là-dedans. Et c’est correct! Ça arrive.

On a le droit d’avoir besoin de plusieurs explications, d’un peu plus de temps pour assimiler, et au y’able ceux et celles qui s’en amusent.

Et c’est pour ça que j’ai écrit ce texte-là, je pense, pour le monde qui utilise les mots « conne », « stupide », « niaiseux » ou « nounoune » trop à la légère.

Pour poliment vous envoyer promener.

Ces gens qui se moquent des autres parce qu’ils ou elles ne comprennent pas aussi bien qu’eux.

Tu m’expliques un truc, je ne comprends pas, tu vas me le réexpliquer de la même maudite façon, je ne comprendrai toujours pas et tu vas te fâcher ou rire de moi.

À ces crayons bien aiguisés qui ne réfléchissent pas avant de rire des mines moins affûtées : nos cerveaux ne fonctionnent pas tous de la même façon, et félicitations champion.ne si la vie t’a gracié d’une belle intelligence mais ça ne te donne pas le droit de rabaisser quelqu’un d’autre.

On est chacun intelligent.e à notre propre façon, même si on ne sait pas ce que veulent dire les mots « petrichor », « impavide » ou « nivéal ».

Ne vous laissez pas faire!

Tout le monde apprend et assimile à son rythme.

Et souvenez-vous, Joey était le plus smatt et le plus généreux de toute la gang.

That’s it!


Source : Pinimg

Source photo de couverture

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