Menu

T’avais promis que ça finirait autrement

C’est toi qui es venu vers moi en premier, avec tes yeux rieurs pis tes promesses de chevalier. Ça faisait un boutte que j’avais arrêté de me prendre pour une princesse, quelque part entre ma dernière peine d’amour pis la fin des Skyrock. Ma robe de bal est même rangée/oubliée dans une garde-robe chez mes parents et en plus de ne plus me faire, ses glitters et son satin ont passé date en 2012 (avec la fin du monde qui est jamais venue).

Deux jours après notre premier french, tu me lâchais un « je t’aime » atomique entre deux pintes de blonde, comme si de rien était, comme si c’était pas grave, comme si c’était normal de se dire je t’aime vite de même. J’ai ri sans te répondre que moi aussi, ça avait trop pas de bon sens ton projet.

Mais t’es resté, pis t’as continué de me bombarder de mots doux, de me garocher des promesses. Ou ben t’étais patient ou ben t’étais juste over confiant, je sais pas, mais t’as eu raison de l’être parce que j’ai fini par embarquer dans tes niaiseries, j’ai fini par y croire.

Je sais que c’était peut-être ben niaiseux de ma part de pu croire en l’amour à 23 ans, mais j’y croyais vraiment pu. Je me rends bien compte aujourd’hui que l’amour avait jamais disparu de ma vie, j’étais juste trop triste pis bornée pour le voir. Pis toi, t’es tombé pile-poil, tu m’as pas crue quand je t’ai dit que je tombais pu en amour moi, ô la vieille sèche de 23 ans. T’as continué de me dire que tu m’aimais, de me dire « arrête donc d’être triste pis bornée pis regarde, je t’aime ».

Fait que c’est ça. Tu m’as tenu la main, tu m’as rassurée, tu m’as dit que c’était pas une pente à-pic, l’amour, que c’est plutôt une longue marche au bord de la mer, c’est un long week-end dans le Maine, c’est la première fois qu’on voit une baleine dans le fleuve, c’est quand ça sent bon à la maison parce que y’a des brownies dans le four, c’est quand Harry est pas mort finalement pis que le bien l’emporte sur le mal.

Alors on a marché, les yeux brillants d’étoiles connes d’amour con.

Et un moment donné, une fois que j’étais bien emmitouflée, tu as… comment le dire poliment… t’as chié dans’ pelle notre couple.

Et c’est correct. Je veux dire, non c’est pas correct ça suck c’est poche c’est nul ça me brûle dans le chest je vais fondre j’ai les jambes molles comment t’as pu pourquoi, mais c’est correct, ça arrive.

Ça arrive de juste, s’éloigner. De grow out of love, de pousser en dehors du pot de terre cuite de l’amour. Ça arrive de pu être bien. Ça arrive de pu être amoureux. Ça arrive.

Mais c’est poche-yiark-dégueux pareil.

Et c’est tellement injuste… parce que j’avais rien demandé, moi.

J’avais pas demandé à ce qu’on m’arrose le cœur, j’avais pas demandé à recommencer à y croire. J’étais bien. J’pense…

T’aurais juste dû m’avertir, avoir une mise en garde sur l’étiquette, pas me faire croire que ça serait rien que beau comme une marche sur une plage du Maine pis la victoire de Poudlard. T’aurais dû me dire que peut-être, un moment donné, ça s’pouvait que tu te pitches en bas du chariot en me laissant toute seule pour le bout à-pic du Goliath.

Je sais qu’on peut pas se promettre que tout va toujours bien aller parce que c’est jamais vrai, alors justement, pourquoi on s’entête à le faire? Pourquoi on continue de se promettre que nos amours ne seront que papillons et confettis?

Je dis pas qu’il faudrait toujours s’attendre au pire mais je sais pas… peut-être que ça serait un peu plus simple si on se faisait des promesses qu’on peut tenir.

Accio crème glacée pâte à biscuit.

Source photo de couverture

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

© La Fabrique Crépue. 2019. Tous droits réservés
Une réalisation de