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Quand j’ai appris à dire non

2017. Célibataire depuis deux ans. Le tinder game, je la connaissais. J’avais l’impression que c’est moi qui menais le bal dans mes relations. Jusqu’à ce que je te rencontre.

C’était une soirée bien ordinaire. J’étais avec des amies. On swipait à gauche pas mal plus souvent qu’on swipait à droite. On a eu un match. On s’est parlé quelques heures et on s’est plu. On a planifié une sortie le jour suivant. Aussi simple que ça.

Le lendemain, un peu plus vite que prévu, je me suis ramassée dans ton lit. Ça me dérangeait pas, parce qu’au fond, je savais bien que ça allait se terminer comme ça. Quand je suis partie de chez toi, je savais qu’on allait se revoir.

Comme de fait, on s’est reparlé quelques jours plus tard. Je t’ai proposé d’aller prendre un café. Sans refuser, tu m’as simplement dit que tu avais envie de moi. Maintenant. Moi aussi, j’avais envie de toi, mais j’avais aussi envie de te connaître, juste un peu plus. Comme je voulais te voir, je répondais à l’affirmative à toutes tes demandes. Et je me retrouvais toujours au même endroit, je tournais en rond. Encore.

Plus on se voyait et plus je me demandais jusqu’où j’aillais me rendre pour avoir une place dans ton lit en espérant en avoir une dans ta vie. Je crois pas au destin. J’avais envie que ça soit toi qui choisisses, qui me choisisses. Du temps, on en possède pas, on le prend. Tu voulais pas le prendre pour moi, pis c’est correct, mais j’étais épuisée d’être la fille avec qui on rit, on se confit et on a du plaisir, mais jamais celle qu’on voit dans sa soupe. Une accumulation d’inconnus, de moments magiques, d’attentes, de belles promesses, de déceptions, d’incompréhensions, de non-dits. Tu es le gars qui a fait déborder mon vase, tu as été mon trop-plein.

Tu n’as rien fait de mal, au contraire, tu me faisais trop de bien. C’est juste que je supportais pas d’être la fille avec qui on a du fun, mais pas plus. Pas encore. Je m’écorchais pour rien, je m’abîmais. Alors avant de te dire des choses que j’allais regretter, des mots que tu ne m’aurais pas rendus, j’ai préféré partir. Pour la première fois, je t’ai dit non. Tu m’as laissée aller même si j’avais un peu envie que tu me retiennes.


Source : Burst

Sans le vouloir, je m’étais mise à imaginer à quoi ça aurait pu ressembler nous deux. Mes pensées glissent, tergiversent, s’emmêlent. Je les laisse aller parce que ça met un peu de colle dans les petites fissures de mon grand cœur.

Tu étais mon aventure. Tu m’as donné envie de sauter dans le vide. Ça se déroule pas toujours comme on le prévoit les aventures, mais une chose est certaine, c’est qu’on en ressort toujours plus outillé pour comprendre la vie, pour mieux se comprendre. Alors je continue mon chemin à la recherche de moi-même. Ce voyage n’est pas sans embûches, questionnements ou incertitudes. En fait, il en est rempli.

En apprenant à te dire non, j’ai découvert mes limites.

En apprenant à te dire non, je suis sortie de ce cercle vicieux.

En apprenant à dire non, j’ai appris à me choisir.

Source : Burst

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