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OK de ne pas être OK?

Salut, comment ça va?

 On l’entend souvent celle-là, non? C’est rendu un peu rhétorique comme question. C’est le what’s up nouveau genre. Parce que la personne qui te demande si ça va devant la machine à café de la salle de conférence, elle ne s’attend pas à ce que tu lui répondes : « Vraiment pas bien. Je suis perdu(e) quand je pense à mon avenir. J’aspire à plus, mais je me sens coincé(e) dans mon quotidien et plusieurs de mes relations vont mal. » Et là devra suivre une conversation pas mal plus importante que plusieurs ne voudront pas avoir. Alors on se contente de dire que l’on va bien.

Dans notre société, c’est très valorisé d’être heureux. Tu souris, tu vas bien, ce sont des preuves de succès dans la vie. T’as clairement trouvé la recette magique. T’as trouvé ce petit quelque chose qu’on cherche tous, ce petit glow. Mais pour te rendre au stade de ta vie où tes yeux sont aussi lumineux que ton highlight, tu ne penses pas qu’il en a fallu des hauts et des bas, des échecs et des réussites ? La recette magique, au fond, c’est peut-être de se donner le droit de vivre ces montagnes russes.

En même temps, c’est l’absence qui fait apprécier la présence. Tu peux prendre quelqu’un pour acquis et, à son départ, réaliser qu’il/elle était important(e). Tu peux apprécier davantage de te sentir comme sur un nuage quand tu as compris que pleurer à fond, ça fait mal.

On a tous déjà répété qu’on était correct, qu’on n’avait pas besoin d’aide, mais ce n’est sûrement pas en le répétant qu’on finit par se croire. En bout de ligne, c’est de l’avoir partagé et surtout de l’avoir accepté qui a fait qu’on allait réellement mieux, non ?

On va être honnête aussi, ce n’est pas très agréable d’avoir quelque chose sur le cœur : c’est généralement un sentiment qu’on cherche à éviter. On veut s’en débarrasser le plus vite possible pour se sentir mieux à nouveau. Mais si tu n’es pas capable de t’avouer que tu struggle, comment vas-tu faire ton premier pas vers le bon chemin ?  C’est pas une honte de ne pas faire des beaux sourires tout le temps ou d’être un peu perdu. Ça veut juste dire que tu as traversé quelque chose qui t’as fait apprendre sur toi-même, que ce soit positif ou négatif. Ben oui, tu as pas eu les notes que tu pensais, tu t’étais surestimé(e). Maintenant, tu sais que tu dois mettre plus d’efforts. Ben oui, ta relation avec ton amoureux(se) a planté. Désormais, tu sais que quelqu’un de trop indépendant, ce n’est pas fait pour toi.

Tu sais, tu n’es pas obligé(e) de prétendre que toutes ces épreuves ne t’affectent pas et que vulnérabilité n’est pas un mot de ton vocabulaire. Au contraire, laisser entrer ton entourage dans ta bulle et lui raconter tes tracas aide à créer un lien plus fort et à être plus proche de celui-ci. Les relations qui poussent plus loin que les apéros sur la terrasse et les conversations de surface, c’est ça qui donne un sens à notre vie quand tout tourne de travers. Ce sont ces relations qui peuvent être nos phares quand les vagues sont trop hautes.

Il faut arrêter de voir nos sentiments négatifs comme des échecs ou des choses qu’on doit absolument cacher. Il faut arrêter de vivre dans notre intimité, en petite boule le soir.

 

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