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Comprendre la dépendance

Parler de santé mentale est quelque chose qui m’est vraiment important et y’a une partie de moi qui se sent super impliquée dans le fait de déconstruire les préjugés qui entourent celle-ci.

Le fait est qu’encore aujourd’hui, en 2019, les gens se sentent humiliés et faibles lorsqu’un problème de santé mentale les affecte. Cette honte est la cause numéro un qui empêche certaines personnes d’aller chercher l’aide dont elles ont besoin. Et malheureusement, quand il n’y a pas d’aide, les pires drames arrivent.

Si je vous parle de dépendance, savez-vous vraiment ce que ça implique dans le quotidien des gens qui en souffrent? Savez-vous qu’un problème d’abus d’alcool, de drogue, de bouffe, de sexe, de jeux, etc., est un trouble qui affecte 10% de la population, au point où ces gens en perdent totalement la maîtrise des différentes sphères de leur vie?

Je suis outrée d’entendre des gens mal informés et fermés d’esprit dire des affirmations telles que : « S’ils veulent régler leur problème, ils ont juste à arrêter de consommer. »

Si c’était si simple…

La dépendance est un trouble obsessionnel compulsif reconnu depuis plusieurs années en psychiatrie.

Je vous invite à visionner cette brillante petite animation qui explique clairement le cercle vicieux de la dépendance :

J’aimerais vous faire comprendre que, chez les personnes pour qui il est impossible de s’arrêter, bien qu’il y ait des raisons d’ordre émotif et un désir de fuir la réalité, il y a aussi une composante différente qui se passe au niveau du cerveau.

Le système de récompense, situé dans le cerveau, est une libération d’hormones du plaisir qui est sécrétée lorsqu’on vit ou fait des choses qui favorisent son bien-être et son évolution. Le système de récompense a le rôle de nous faire répéter des actions essentielles à notre survie.

Chez quelqu’un qui ne développera pas de dépendance, lors de la consommation, il sera facile de faire la part des choses et de s’arrêter quand le moment sera venu. Le côté raisonnable prendra le dessus. On aura du plaisir sans avoir le besoin de répéter l’expérience, car on aura conscience des dangers de répéter au quotidien la consommation. Bref, on comprendra que la consommation n’est pas essentielle à la survie.

Chez la personne dépendante, le système de récompense, lorsque la consommation sera prise, sera stimulé d’une toute autre façon. Il s’activera beaucoup plus vivement et intensément, ayant comme réflexe de rechercher presque immédiatement la même source de plaisir. C’est comme si le cerveau enregistrait la consommation comme un besoin essentiel. Le problème est que cette soif n’est jamais vraiment apaisée et que, plus on consomme, moins l’effet désiré est retrouvé et les dégâts sont majeurs.

« Les comportements de type dépendance et les drogues érodent la zone du cerveau associée à la maîtrise de soi et entravent la capacité à prendre des décisions et jugements solides, tout en produisant des impulsions intenses pour adopter des comportements de dépendance. Ces zones du cerveau ont également un impact sur les symptômes de l’anxiété, de la dépression et d’autres problèmes de santé mentale – qui renforcent l’usage constant et l’abus continu. » (Source)

Je voudrais clarifier un autre point.

Quand on parle de dépendance, on pense souvent aux drogues et à l’alcool, mais en fait, on peut en développer de toute sorte :

  • Celles que nous connaissons sont les dépendances de types chimiques qui incluent les drogues, l’alcool et les médicaments.
  • Celles qui sont encore méconnues pour la plupart des gens sont les dépendances comportementales. Le jeu de hasard est le plus connu, mais il y a aussi le travail (les fameux.ses workaholics), les jeux vidéo, la nourriture, le magasinage, le sexe, bref toute activité menant à une désorganisation.

Ce second type de dépendance peut être difficile à avouer, car si je prends l’exemple de quelqu’un de workaholic, qui ne fait que travailler de façon compulsive, il peut être facile de minimiser l’impact que cela a dans sa vie en étant dans une société d’hyperperformance où le rendement est valorisé.

Il est possible d’arrêter de consommer, mais il faut avant tout le vouloir. Parfois, on a de la difficulté à savoir vers où se diriger.

Sources d’aide

Si vous souffrez d’une dépendance quelconque, voici quelques sources d’aide pouvant vous aider dans votre cheminement :

Les CLSC

Vous pouvez vous diriger dans un CLSC et demander à voir un.e travailleur.se social.e qui vous écoutera et vous dirigera vers les ressources les plus adaptées selon votre cas. Vous pouvez appeler directement à votre CLSC régional, car les heures et les journées de ce service sont variables selon chaque centre.

Généralement en passant par le CLSC, ceux-ci peuvent vous recommander le Centre de réadaptation en dépendance du Québec (CRDQ). On y offre des thérapies de groupe ou fermées, des rencontres de groupe ou individuelles ainsi que de l’hébergement si nécessaire.

Notez qu’il est vraiment important de passer par le CLSC pour pouvoir avoir accès au CRDQ.

Votre médecin de famille peut également vous épauler si vous en avez un.e.

Les AA (alcooliques anonymes) ou NA (narcotiques anonymes)

Plusieurs réunions se tiennent un peu partout tous les jours dans les différentes régions du Québec. Ces groupes ont également des lignes téléphoniques. Ce sont des associations à but non lucratif réunissant des gens qui désirent se rétablir de la dépendance.

Sinon, pour les situations urgentes, à Québec il y a :

Centre de crise

418-688-4240
centredecrise.com

C’est un organisme très complet et aidant. Il offre de l’écoute téléphonique, des intervenants qui peuvent se déplacer pour évaluer votre situation, de l’hébergement en cas de crise, un hébergement temporaire en cas de besoin en ayant sur place des intervenants qualifiés pour vous aider dans différentes sphères dont la dépendance.

Finalement, j’ajoute ici une source d’aide pour les gens ayant un proche souffrant de dépendance :

Centre le Passage

centrelepassage.org

Il s’agit d’un service communautaire offrant notamment des thérapies individuelles, conjugales ou familiales, des ateliers de groupes, des conférences, formations et ateliers sur mesure et un service de référence.

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