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J’ai bien aimé BAD BOYS et voici pourquoi!

Comme tu t’en doutes sûrement déjà avec le titre, cette semaine, j’ai décidé de te parler de l’une de mes découvertes littéraires du moment. À la base, j’achetais Bad Boys, parce que je trouvais que c’était un beau livre et, souvent, mon instinct a raison quand il me dit d’acheter un livre. Encore une fois, je n’étais pas déçu. Ce petit ouvrage publié en avril 2019 chez Triptyque de seulement 110 pages est un collectif rassemblant 12 auteur.trices autour d’un même sujet. Maude Veilleux explique qu’au tout début, elle s’est fait approcher pour diriger ce projet avec comme seule directive que le sujet principal soit les bad boys. Elle a décidé de ne pas se soumettre au stéréotype du gars avec des tattoos et un manteau de cuir et d’y aller avec sa vision de la chose. Pour la citer, ce qu’elle voulait c’était explorer « la piste de la déconstruction. Défaire ensemble l’idée du bad boy » (page 6, Nous sommes de bonnes personnes).

Maude Veilleux a fait, selon moi, un travail extraordinaire quant à son choix d’auteur.trices qui sauraient diversifier la définition du bad boy en gardant tout de même une ligne de conduite. Pour faire changement, ma critique s’articulera autour de chaque auteur.trice, avec une citation de leur texte dans le livre et une petite bio.

  1. « Alors ce livre est ma tentative échouée de devenir un bad boy. » (p.11, « Nous sommes de bonnes personnes »)

Les premières pages qu’on lit sont celles écrites par la directrice du projet, Maude Veilleux. Cette fille de la Beauce qui a tendance à confondre la réalité avec la fiction nous explique de façon imagée le chemin qu’elle a parcouru pour créer cette équipe d’artiste pour ce projet. Ayant auparavant publié deux recueils de poésie et quelques romans, dont un sur le web, elle nous surprend et nous fait voyager avec sa façon de tout raconter sans que l’on puisse établir ce qu’il s’est réellement passé.

Quelques titres de l’autrice : l’amour à marde, Last call les murènes, Prague

  1. « Moi, après des années à chercher le fantôme d’un amour mort, un autre artiste à aimer qui donnerait du sens à ma vie. » (p. 16, « Honey Moon »)

Le texte est de Claire Legendre, professeure de création littéraire à l’université de Montréal depuis 2011. Originaire de Nice, Legendre a publié une dizaine de livres qui sont diversifiés dans les styles, allant du roman-noir à l’autofiction.

Quelques titres de l’autrice : L’écorchée vive, Le nénuphar et l’araignée, Vérité et amour

  1. « Lui aussi fait semblant d’aller quelque part, et ça, ça fatigue vraiment. » (p.26, « Condition inconnue »)

Né en banlieue de Montréal, plus précisément à Lachine, Daniel Canty puise une nouvelle fois son inspiration dans toutes les formes floues sous lesquelles le danger se meut. Il pratique de nombreux arts, mais l’écriture reste le plus important à ses yeux. Tellement que, sur sa carte d’affaires, on raconte qu’il a inscrit : « Écrivain, etc. ».

Quelques titres de l’auteur : Les États-Unis du vent, La société des grands fonds, Wigrum

  1. « La honte d’être en hors-champ de la masculinité ou du monde. […] Je suis le passager sous ma peau. » (p.33-35, « Le passager »)

Né à Gatineau, Guillaume Provost pratique maintenant ses nombreux arts à Montréal. En plus de la poésie, il travaille entre autres la performance, la sculpture et le textile. Dans ses projets, il fusionne différentes sources pour créer au final un récit significatif puisant dans l’inconscient collectif. Il s’intéresse aux contours de ce qui fait l’histoire, plus particulièrement les archives personnelles, la science-fiction, la contre-culture, les expériences queer et bien d’autres. Ses projets ne sont pas seulement exposés au Québec, mais bien ailleurs au Canada en plus de l’être en France, en Allemagne, en Suisse, en Belgique, en Autriche, en Lituanie et en Catalogne.

  1. « J’ai toujours eu une vie plus palpitante que la leur, parce que le bon dieu a fait de moi quelqu’un de trop stupide pour avoir peur des choses qui vous détruisent. » (p.40, « Les vers de terre salivent quand on les coupe »)

Cette nouvelle est la première publiée pour Mélopée B. Montminy. Cette montréalaise a toutefois coécrit et interprété Gateshot, une lecture de textes par Pascale Bérubé, Marjolaine Beauchamp et elle-même lors du Festival du Jamais Lu en 2018.

  1. « Je ressens dans ma chair toute la violence des hommes contre ceux qui ne le sont pas. Ou pas vraiment. » (p.46, « Un chemin à parcourir pour s’entendre crier »)

Symon Henry se sert de trois arts pour en créer un, se fondant sur l’interaction entre la musique de concert, les arts visuels et la poésie. On remarque cette façon de faire plus particulièrement dans ses partitions graphiques, pouvant être instrumentales ou performatives, qui ont d’ailleurs été interprétées en Asie, en Europe et en Amérique du Nord.

Quelques titres de l’auteur : Son corps parlait pour ne pas mourir, Voir dans le vent qui hurle les étoiles rire, et rire

  1. « mes yeux emplis de buée pendant que mon corps me rappelle violemment que je n’arriverai peut-être jamais à me sentir à l’abri de la masculinité. » (p.62, « Mauvais garçon »)

Jean-Guy Forget m’avait déjà marquée avec son roman After, que j’ai lu il y a un peu plus d’un mois, et sa nouvelle m’a encore une fois impressionnée. Ce jeune montréalais n’a en ce moment qu’un roman à son actif et on dit de lui qu’il passe le reste de son temps à brailler quelque chose comme un mémoire de maîtrise, ou encore qu’il saccage des shows de poésie avec ses Goonies.

  1. « Tu ne peux pas t’asseoir à une terrasse de café sans que tout le monde autour de toi soit une jeune fille du milieu de l’art contemporain. » (p.70, « La robe est belle »)

Maryse Larivière est autrice, mais aussi chercheuse universitaire et artiste. Elle a publié plusieurs textes critiques sur les questions de l’aspect matériel et la réception sensorielle et affective de l’œuvre d’art. Actuellement, elle a des recherches en cours qui portent sur l’influence de l’écriture féminine en art contemporain et sur l’écriture d’art au féminin face à son émergence au Canada. Cette artiste montréalaise a exposé ses oeuvres à Calgary, Vancouver et Toronto, pour ne nommer que ces villes.

  1. « Je voudrais une carapace bien solide pour ignorer les remarques des garçons. » (p.79, « Passez-moi su’l corps avec votre bécyk »)

Marie Darsigny, en plus d’être poète, codirige la plateforme littéraire féministe Filles Missiles. Elle détient un baccalauréat en création littéraire à l’Université Concordia, en plus d’une maîtrise en études féministes à l’UQÀM. En plus de ses recueils, elle publie dans de nombreuses revues littéraires et magazines, tels que Urbania, Moebius et Estuaire.

Quelques titres de l’autrice : Trente, Filles, A little death around the heart

  1. « Tes lèvres me déconcertent : des regrets de salive, des envies inégales, des écumes déguisantes, déguisées. » (p.82, « Je trace tes retraits en pardons »)

Mimi Haddam a publié dans plusieurs revues et projets littéraires, en plus d’avoir publié des projets seule. Son style d’écriture pense les espaces incertains, sans formes étanches. On la décrit comme étant en débordements, en glissements, en ruptures et en fuites.

Quelques titres de cette autrice : Il existe un palais de teintes et d’hyperboles, Petite brindille de catastrophes

  1. « Si j’étais un violon, je serais en feu dans une ruelle. » (p.90, « Je dirais désolé »)

Frédéric Dumont, gagnant du prix Félix-Antoine-Savard pour « il y a des muscles à développer dans la fatigue », texte paru dans le numéro 162 de la revue Estuaire, est un auteur connu pour son style contemporain et sa poésie.

Quelques titres de l’auteur : Événement miteux, Volière, Je suis célèbre dans le noir

  1. « Je suis tannée des points de suture, de la police, de sa rhétorique vaguement anticapitaliste et des mixtapes white power qu’on se tape devant des feux de gaz. » (p.101, « SIC »)

Sarah Chouinard-Poirier est une artiste qui partage son temps entre la relation d’aide (La rue des femmes de Montréal), le travail culturel (Volte 21) et, bien sûr, la création artistique. Cette artiste multidisciplinaire élabore des performances à contenu, où la présence, le geste, la parole, l’objet et parfois les technologies se rejoignent pour créer une mythologie féministe et résistante en plus d’une expérience radicale. Elle fait présentement des recherches sur le corps et son écriture dans l’espace, sur la narrativité, l’action, l’image et l’oralité performative. Elle souhaite que les personnes et les populations marginalisées, les pratiques relationnelles, l’éthique du soin, la transmission et la réappropriation des récits par les individu.es et les communautés soient mises de l’avant.

J’espère vous avoir convaincu que chacun.e de ces artistes mérite d’être lu.e dans ce petit livre qui se dévore si rapidement. J’espère aussi vous avoir intéressé.es à connaître le reste de leur travail. Personnellement, la lecture de ce recueil m’a donné le goût de lire tout ce que ces auteur.trices ont fait dans le passé et publieront dans le futur, en plus de m’avoir fait connaître une diversité d’artiste montréalais.es connu.es à travers le monde, mais que je ne connaissais pas auparavant.

Bonne lecture!

Crédit : Mélina Proulx

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