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Oui, t’as le droit d’être positive

« Je veux juste te créer des attentes réalistes. »

Cette phrase, je l’ai entendue il y a quelques mois, alors que je venais de confirmer mon déménagement dans un autre pays, pour aller retrouver mon homme.

J’allais sauter dans le vide. J’allais cocher « aller simple » au lieu du traditionnel « aller-retour » sur Google Flights. Je m’en allais à Londres, une ville qui me pogne du dedans chaque fois que j’y mets les pieds.

Étant une grande ambitieuse qui donne une place de choix à sa carrière dans sa vie, je me suis dit qu’il me fallait me botter le popotin pour me trouver un emploi OPC, comme ils disent. Je voulais entamer mes démarches avant le grand départ, question de me garantir un boulot assez rapidement une fois arrivée en contrée étrangère.

J’ai fouillé sur les z’internets. J’ai fait mes recherches. J’ai pu déterminer la fourchette salariale dans laquelle je pouvais me situer avec mon parcours professionnel. J’ai refait mon CV selon les standards de Londres, après avoir lu blogue après blogue sur le sujet.

Puis, un jour, je rencontrais cette personne de mon passé qui habite maintenant Londres depuis un peu plus de deux ans. J’allais la rencontrer pour lui poser des questions sur son parcours, sa recherche d’emploi. À mon arrivée, j’étais optimiste, excitée par cette belle aventure qui se présentait à moi.

Une heure plus tard, je sortais du petit café un brin débinée.

C’est que, pendant cette heure, j’ai eu droit à un discours auquel je ne m’attendais pas. Un discours ponctué par du « réalisme ». Des « c’est un gros marché, ce n’est vraiment pas facile se trouver un emploi, et tu vas avoir un salaire de marde ». Des « je sais que tu es optimiste, mais je veux juste te donner des attentes réalistes ».

Je suis sortie du café, et je ne feelais pas trop. Dans les jours qui ont suivi, j’avais le moral un peu à terre. Je posais ma candidature quand même pour des postes, mais stressée à souhait. Me mettant une pression énorme. Envoyant CV après CV pour me garantir au moins un retour de courriel.

Mais rien.

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Deux autres semaines passent. Je suis un peu angoissée.

Je rencontre cette fois-ci une autre fille, qui est partie il y a plus d’un an à Londres, elle aussi pour rejoindre son homme. On ne se connait pas, mais c’est l’amie d’une amie qui a gentiment accepté de me rencontrer, notamment parce qu’on travaille dans le même domaine.

Je suis arrivée à notre rencontre un peu hésitante. Prête à entendre un autre discours difficile sur la quête d’emploi.

Deux heures plus tard, je suis sortie sur un nuage. Motivée à souhait. Prête à attaquer tout obstacle devant moi.

Cette fille rayonnait. Dégageait du positivisme à n’en plus finir. Voyait chaque épreuve comme un apprentissage, une occasion de grandir. Lorsqu’elle a mis les pieds à Londres, elle a eu un appel pour une entrevue le lendemain. Elle avait commencé à chercher deux semaines avant. Trois semaines plus tard, elle commençait à son nouvel emploi.

Son discours était différent. « C’est tellement un gros marché, il y a de la job comme pas possible. C’est le plein emploi. »

Je suis partie ce soir-là. J’ai postulé pour d’autres emplois. Au lieu de poser ma candidature sur tout ce qui se passait, je changeais ma stratégie pour focaliser sur certains rôles précis, pour lesquels j’ajustais mes informations et mon CV en conséquence. Je m’écoutais davantage dans le processus. J’ai pris la peine de connecter avec des gens qui connaissent des gens qui pourraient me faire connaître de bonnes perspectives de carrière.

Résultat : j’ai deux entrevues bookées dès que j’atterris.

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Depuis cette rencontre, je me force tous les jours à être de plus en plus positive. Certains y verront de la naïveté. Certains diront que c’est dénudé de réalisme.

Mais heille, j’ai le droit, tu as le droit d’être positive. De voir la vie avec des lunettes roses. J’ai le droit, et t’as le droit aussi de focaliser sur le potentiel d’une situation. De troquer le stress usuel par de l’excitation. De voir le verre à moitié plein.

T’as le droit.

Crédit photo : Alex Block pour Unsplash

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