Menu

Ce n’est pas nécessaire d’avoir des raisons pour avoir peur

C’est ce que Madame Rosa avait lancé à Momo dans l’immense roman La vie devant soi, de Romain Gary. Cette phrase, elle représente tout ce que nous sommes. Elle se veut révélatrice de la nature humaine, à la fois complexée et complexante, toute petite et très grande.

Dans un monde où la quête de sens guide notre quotidien, la recherche de justifications est infinie. De questions qui transcendent l’humanité à celles qui apparaissent insignifiantes, cette nécessité de trouver le comment et le pourquoi est à la fois éclairante… et pesante.

Pourquoi faut-il tout justifier? Tout comprendre? Savoir toucher précisément chaque élément derrière chaque émotion?

Pourquoi la raison doit-elle l’emporter, à tout coup, sur le cœur? En fait, comment la raison peut-elle prendre le dessus sur les émotions? Le quantifiable, le mesurable, le perceptible, tout ça c’est très pratique pour la science et les mathématiques. Mais quand on parle d’émotions, de ressenti, de feelings, de sentiments, ces outils ne sont pas toujours adéquats.

Ce que Madame Rosa voulait dire, je le comprends ainsi : on n’a pas besoin de justifier ce qu’on ressent. On peut tenter de le comprendre, de l’écouter, de le sentir, mais ce n’est pas important de le justifier en lui trouvant un motif.

On peut avoir peur, être en colère, sauter de joie, rire, pleurer, être dégoûté.e, se sentir perdu.e, se chercher, tout ça. On peut vivre tout ça sans avoir de raison. Sans devoir se justifier à qui que ce soit.

Accepter ce que l’on vit, le légitimer, c’est tout ce qu’on se doit de faire. Le reste, l’argumentation et la justification, on n’en a pas besoin dans la mesure où ça nous culpabilise. On peut chercher un sens (en fait, on le fait toujours un peu malgré nous). Mais avant de chercher un sens, avant de rationaliser ce que l’on vit, il faut vivre ce que l’on a à vivre.

Alors, vivez ce que vous avez à vivre, dans le respect de votre être et des gens qui vous entourent. Soyez tristes, en colère, euphoriques, confus.es, aux anges, réconforté.es, impatient.es, distant.es, enchanté.es, léger.ères, incertain.es, effrayé.es.

Et la prochaine fois que vous aurez peur, lorsqu’une petite voix vous posera la question : « Oui, mais pourquoi? », vous saurez que ce n’est pas nécessaire d’avoir des raisons pour avoir peur… et pour ressentir ce que vous ressentez.

Source photo de couverture

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

© La Fabrique Crépue. 2020. Tous droits réservés
Conception site web - Effet Monstre