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J’ai arrêté les antidépresseurs

*Je tiens à préciser que ce texte est le partage d’une expérience personnelle, pour montrer que nous ne sommes pas seul.E.s. Toutes questions à propos de la médication en général ou de la vôtre devraient être posées à un professionnel de la santé, parce que tout le monde est différent et que les corps réagissent différemment.

Je n’ai jamais aimé prendre de médicaments. En partie à cause de mon égo mal placé, mais aussi parce que je préfère trouver d’autres méthodes pour enlever mes maux plutôt que de prendre une pilule magique. Quand on a mal, souvent, il y a une raison, donc en la ciblant, on peut mieux régler le problème.

Reste que parfois, je prends des relaxants musculaires et des acétaminophènes pour mes migraines. Pis je prenais aussi des antidépresseurs dans les 6 dernières années.

Mon premier diagnostic a été un TAG et un symptôme dépressif à 17 ans. Le médecin m’avait dit ça comme si de rien n’était. Moi, ça faisait 4 ans que je consultais pour divers symptômes et les médecins ne me prenaient jamais vraiment au sérieux, en disant, « ça devrait passer, c’est les hormones. » J’ai été soulagé qu’on me prescrive quelque chose, mais en même temps, je me disais que de toute façon, ça ne fonctionnerait pas. Après un mois, j’ai réalisé que ça m’aidait réellement. Résultat? J’ai paniqué et je les ai arrêté… 

Ensuite, j’ai lu pas mal sur le sujet et j’ai changé d’avis sur la chose: les antidépresseurs seraient pour moi une béquille qui m’aiderait à mieux gérer mes symptômes le temps que je travaille sur moi-même et aille mieux. De la même façon que si je me cassais une jambe, je pourrais sûrement m’en sortir sans béquilles, mais la guérison serait plus longue et me demanderait pas mal plus d’effort. Donc quelques mois plus tard, je les ai recommencé en me disant qu’au fond, un petit coup de pouce ne me ferait pas de mal. 

Pendant 4 ans, j’ai pris du Citalopram, suivi de l’Effexor pendant 1 an et demi. À travers cette médication régulière, j’ai essayé certains trucs pour m’aider à mieux dormir et d’autres plus forts pour gérer mes symptômes dépressifs. Je ne voulais rien qui était trop fort, qui rendait facilement addictif ou qui faisait grossir, donc au final, ma médication s’est plutôt résumée à ceux mentionnés plus haut.

Après avoir vu ponctuellement des psychologues pendant 4 ans, être en psychothérapie depuis 2 ans et avoir beaucoup travaillé sur moi, j’ai décidé d’arrêter pour de bon.

La première étape, c’était de gérer le sentiment de manque. Malgré le fait que j’ai arrêté de manière très graduelle (diminution des doses sur plusieurs semaines, jusqu’à l’arrêt complet), je me doutais que j’aurais quelques symptômes de manque. C’est quelque chose auquel j’étais déjà habituée puisqu’il m’arrivait parfois d’oublier de les prendre, à cause de mon horaire atypique. J’étais ainsi relativement à l’aise avec mes symptômes de manque: étourdissements et maux de coeur. Je m’attendais même à pire, comme être plus irritable et plus fatiguée, mais finalement, ça s’est bien passé.

Je vais beaucoup mieux aujourd’hui, comparativement à quand j’ai commencé, quand les effets secondaires dépassaient le bien que cette médication m’apportait: un sommeil peu réparateur, des rêves vraiment bizarres et un très petit appétit . En les arrêtant, je me suis mise à mieux dormir, ce qui m’a aidé à mieux gérer les effets de manque. 

La deuxième étape était (et est encore) se réhabituer à vivre les émotions dans le tapis et avoir le cerveau hyperactif. Avec le recul et après les avoir arrêtés, je comprends mieux les effets que ces médicaments avaient sur moi: c’était un peu comme s’ils gelaient un peu tout. J’étais un peu moins émotive, un peu moins stressée et mon cerveau allait un peu moins vite.

Le plus difficile à cette étape est l’acceptation. Malheureusement, je n’ai pas ‘’réglé’’ mon trouble généralisé d’anxiété, ce sont les médocs qui l’engourdissait. Les émotions sont aussi fortes qu’avant les antidépresseurs. Par contre, ce gel m’a permis d’apprendre à mieux le gérer. Aujourd’hui, maintenant que je vais mieux, je suis mieux outillée pour le contrôler à pleine intensité. Même chose pour mon hypersensibilité et mon cerveau hyperactif.

Je dois utiliser les techniques que j’ai appliqué à ces mêmes émotions durant les dernières années, mais à l’intensité qu’elles ont présentement. Ça peut être un peu décourageant, se dire que je dois recommencer le même travail que je fais depuis quelques années, mais au fond, je ne sais pas comment j’aurais pu faire autrement. Bien entendu, je suis toujours suivie en psychothérapie et je ne crois pas que ça aurait été possible de le faire sans.

Aujourd’hui, après presque 6 mois d’arrêt, je peux mieux observer ce que cette médication m’a aidé à faire et ce sur quoi je devrai travailler dans les prochains mois. Je suis ouverte à reprendre des antidépresseurs au besoin, si jamais je rush trop sans. Parce que prendre des antidépresseurs, ça ne signifie pas être faible, ça signifie seulement accepter l’aide pour mieux gérer certaines étapes de la vie plus difficiles, ou encore réguler la production de certaines hormones déficientes (comme la sérotonine, par exemple [Source]).

Voici quelques sources sur le sevrage d’antidépresseurs : 

Références : 1 / 2

Source

One thought on “J’ai arrêté les antidépresseurs

  1. Ce texte peu être inspirant mais dévastateur. Ayant fait la même expérience.. outillé comme jamais, j’ai stoppé tout sa allait vraiment bien, et paff j’ai vécu un réel enfer lors de ma 3e grossesse sans médications, j’ai fais souffrir ma famille mon conjoint et mon enfant à naître l’anxiété était de retour. Oh j’étais fière.. plus d’effexor même si la dose était minime. Mais il faut comprendre que certaines personnes comme moi sont triste de prendre la médication même bien outillé sa fini par nous rattraper. Je li ce texte et je me dis.. que je devrais pas en prendre voyons.. mais malheureusement c’est plus que sa.. la médication sert à palier le manque de sérotonine neurotonine. Parce que.. quand on tombe on tombe solide. Grossesse anxiété. Bref.. je suis mitigé , un texte qui parle de la fierté de rien prendre, sa va porter un mal a ceux qui a la base en voulait pas. Tout ceux qui comme moi on honte.. aimerait dont revivre sans sa. Dire que c’est une béquille… Non jamais.. c’est ce qui va me donner la force par moment. Est ce que je voie une différence via mon humeur non… Mais quand arrive un gros stress.. enfant malade.. la on prend une débarque. Bref.. un anti-depresseur ce compare a une médication pour diabétique.. tu t’en sort sans..mais sa va te rattraper

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