Menu

Habiter avec son partenaire

Je suis devenue une adulte il y a quelques jours.

À mes yeux, du moins.

Pas parce que j’ai eu 18 ans (allô, ça fait 10 ans que j’ai atteint l’âge légal). Pas parce que je suis maintenant menstrue. Pas parce que je me suis acheté un fancé bungalow en banlieue.

Il y a quelques jours, j’ai emménagé chez mon copain. Depuis presque une semaine, il me voit être une grosse patate le matin lorsque le cadran sonne à 6h. Il me voit m’acharner sur les taches brunâtres louches qui se trouvent sur un des murs de sa chambre (pour de vrai, y’était temps que quelqu’un s’occupe de ce spot brun bizarre). Il me voit mettre du Febreeze qui sent des fois trop le printemps à longueur du logis. Il me voit me dandiner en bobettes sur la musique d’intro de Friends.

Ça fait très adulte, tout ça.

Et spécial. Après tout, ça faisait trois ans que j’étais seule en appartement, à flatter mon chat tous les soirs en revenant du boulot. À me nourrir avec des bleuets et des Ritz pour souper (Ricardo n’a pas encore su sauver ma paresse culinaire, hélas).

Là, on dirait que je veux faire un effort. Je me suis surprise hier à l’épicerie à me dire : « faudrait rajouter une protéine au souper ». Je m’excite le poil de jambes quand je vois des housses de couette qui ne sont pas « trop girly ». Je prends plaisir à dire à mon homme que ses goûts en déco sont (quasi) inexistants et que je me donne un droit de veto pour tout.

Et surtout, j’apprends à composer avec ces petites choses qu’on ne réalise pas trop lorsqu’on n’habite pas avec l’être aimé.

Le fait qu’il n’a pas de visou, mettons. C’est drôle à quel point ses bas sont toujours stratégiquement sur le plancher à trois centimètres du panier à linge sale.

Le fait qu’il trouve son tapis brun beau (note importante : ledit tapis était crème lors de l’achat).

Ou encore le fait qu’il pète plus que moins pendant son sommeil.

(si, si satisfaisant)

En quelques jours, je vois le moins beau, mais je vois surtout le plus beau. Le câlin et le bisou qui accompagnent un retour du bureau. S’endormir et se réveiller dans les bras de l’autre. Avoir quelqu’un pour t’aider à zipper ta robe jusqu’en haut sans te disloquer quatre-vingt mille jointures. Sentir son parfum dans son cou. Cuisiner ensemble. Être dans le silence, chacun dans sa bulle, même si un seul mètre nous sépare.

Ça vaut les quelques bas qui traînent.

Crédit photo couverture : Becca Tapert (Unsplash)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

© La Fabrique Crépue. 2019. Tous droits réservés
Une réalisation de