Menu

La contraception, ça se gère à deux

Il y a quelques temps, j’ai vu passer un article qui parlait de l’apparition d’une pilule contraceptive pour homme, ainsi que les résultats obtenus suite aux tests effectués. Jugeant la source comme étant très peu fiable, je n’ai pas tellement porté attention aux éléments rapportés dans le texte. Ça m’a tout de même amenée à me questionner sur le sujet.

J’ai eu mes premières règles à 12 ans et j’ai commencé la contraception orale à 15 ans. Il y a tellement d’options qu’il est facile pour une jeune fille de s’y perdre. On nous parle de contraception très tôt à l’adolescence, sans qu’on ait réellement compris comment fonctionne toute cette machine-là. Pour ma part, j’ai une histoire plutôt horrible en ce qui a trait aux méthodes contraceptives. Pour faire une histoire courte, pendant dix ans, j’ai eu quatre sortes de pilules différentes, j’ai essayé à deux reprises les timbres et un stérilet. Je devais changer de méthode aux deux ans, car la douleur revenait et mes règles devenaient irrégulières. J’ai eu de nombreux effets secondaires, principalement dans les deux dernières années. État dangereusement dépressif, idées noires, douleurs atroces, migraine avec aura (perte de vue), palpitations, chute de pression, etc.

C’est fou, parce que même après avoir passé autant de temps avec des effets secondaires importants, voir même dangereux, j’ai supplié mon médecin, il y a quelques mois, de retenter les timbres. Ce qui fût un échec. Elle ne voulait pas, mais j’y tenais. J’avais besoin de retenter une dernière fois. Simplement parce qu’il m’est difficile de m’imaginer une vie sexuelle satisfaisante en utilisant des préservatifs.

Le verdict est alors tombé : je ne peux plus rien prendre d’hormonal. Outch. Après 10 ans à prendre une contraception, mon corps a décidé qu’il en avait assez.

Ayant un historique assez difficile concernant ma contraception et les nombreux choix que j’ai eu à faire au cours des dernières années, j’ai ressenti à quelque reprises le besoin d’en parler avec mes amoureux de l’époque et qu’on décide ensemble de la suite des choses. Je me souviens de leur air ahuri qui disait : « Mais de quoi tu veux parler au juste? » Ils ont été très ouverts, je vous rassure, mais complètement déboussolés. C’était la première fois qu’ils parlaient de cela sérieusement avec une de leurs blondes.

D’ailleurs, il y a peut-être un seul homme parmi ceux que j’ai rencontré qui a bien vérifié que je prenais un contraception avant d’en venir à un rapport sexuel. Pour les autres, j’ai dû moi-même leur demander d’utiliser un condom. Comme si les autres prenaient pour acquis que la femme se charge de ça pis que c’est correct même si on met pas de condom.

C’est à ce moment-là que j’ai compris que la contraception est un fardeau que les femmes portent seules beaucoup trop souvent.

« C’est pas mal moins le fun avec un condom » ou « J’arrive pas à jouir avec ça ». Dude, entre toi pis moi, les filles aussi trippent moins ! On s’entend que la barrière de latex, on la ressent nous aussi et qu’on trouve ça aussi différent de ne pas sentir votre chaleur. Je trouve ça dommage que très peu d’hommes se sentent concernés lorsqu’on parle de contraception.  Surtout qu’on s’entend que seuls les condoms sont efficaces pour protéger des ITSS…

Je suis d’accord que la majorité des options concernent le corps et l’état de santé des femmes, mais il est nécessaire que les hommes soient inclus dans ces choix. On dirait que c’est rendu obligatoire pour les jeunes filles de prendre une contraception féminine, alors que les condoms ne sont qu’optionnels et gardés en cas de grande nécessité.

Maintenant que je ne peux plus prendre de contraception, lorsque je débute une relation sérieuse, je ressens un certain malaise et une culpabilité de devoir dire à l’autre « fais ton deuil, avec moi c’est les condoms obligatoires ». J’ai reçu de très bonnes réactions jusqu’à présent, mais je trouve dommage que ça pourrait être un frein.

Quand il y a présence d’une sexualité sans désir d’avoir un enfant, il y a automatiquement présence de moyens contraceptifs. Il en existe une grande variété et il est important que les deux partenaires se sentent à l’aise dans le ou les moyen(s) sélectionné(s).

Généralement, les hommes participent aux décisions quand il est question de savoir ce qu’on va manger pour souper, si on va peindre le salon en gris ou en bleu, quelle maison acheter, quand le couple est près à avoir des enfants ou non, quelle pratique sexuelle sera faite… non? Ça devrait être la même chose pour la contraception!

Ce n’est pas parce qu’il existe plus d’options féminines que cet aspect de la relation est l’entière responsabilité des femmes. Il est temps qu’on cesse de prendre pour acquis que toutes les femmes se protègent avec un contraceptif. Un rapport sexuel se fait à deux, donc la contraception aussi se gère à deux !

Source de la couverture

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

© La Fabrique Crépue. 2019. Tous droits réservés
Une réalisation de