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Thérapie TCC et anxiété, un mariage qui peut être heureux

Un jour, dans ma vie, ça n’allait plus. J’ai donc décidé d’aller consulter. J’aurais pu consulter en allant bien aussi mais, dans mon cas, j’ai attendu (ce que je ne conseille clairement pas). C’est à ma première rencontre avec ma psy que j’ai appris ce qu’était le TCC, la thérapie cognitivo-comportementale. Ça ne m’a pas inspirée au début, pour être honnête. Je ne comprenais pas comment cela allait m’aider. Je peux vous dire que, dans mon cas et bien des cas selon mon entourage et ma psy, ça aide. Sérieux. Mais c’est quoi, en fait, le TCC? Comment peut-on aider l’anxiété (et troubles anxieux divers) avec ça? Je ne suis pas une experte, mais j’avais envie de vous donner les grandes lignes. Si vous hésitez à consulter, si vous ne savez pas à quoi vous attendre, peut-être que cet article vous aidera à faire le bon choix pour vous!

1. L’explication du trouble

Ma thérapie a commencé avec l’explication de ce qu’est l’anxiété : une réponse à une menace (réelle ou pas). En gros, c’est notre corps en mode fight or flight, s’enfuir ou se battre, qui cause un spectre impressionnant de malaises et de sensations physiques des plus bénignes aux plus désagréables et qui s’explique par la réaction du corps : fourmis dans les extrémités des membres, hyperventilation, maux de ventre, problèmes digestifs, sensation d’être étourdie, crispation des mâchoires… Et j’en passe. Tous les symptômes physiques, même lorsqu’on est anxieux.ses, ne peuvent pas être expliqués par l’anxiété, mais il peut être aidant et rassurant de savoir pourquoi on ressent cela et qu’est-ce que notre corps essaie de faire pour tenter de le désamorcer…

2. Les distorsions cognitives

En gros, les distorsions cognitives (qui sont parfois appelées dissonances cognitives ou pensées erronées, ça dépend) sont les « chemins » que nous avons tracés dans notre cerveau. C’est souvent aussi une excuse bidon qu’on se donne pour s’inquiéter. Je ne croyais pas en avoir, mais à force de les travailler en thérapie, j’ai réalisé que je croyais (un peu inconsciemment) que m’inquiéter, et donc envisager tous les problèmes possibles, me donnait une longueur d’avance pour régler les problèmes. Donc, qu’il était utile de s’inquiéter (news flash : c’est faux. C’est pas utile). Et, comme je suis anxieuse, me donner des « excuses » pour continuer dans la voie des « mais si… » est souvent un mécanisme inconscient. Parce que, bien sûr, ce n’est pas un choix conscient de s’inquiéter. Par contre, prendre conscience de cela m’aide à me recentrer sur le présent et à prendre un jour à la fois. Il y a plusieurs distorsions cognitives et les comprendre nous aide à en prendre conscience et à mieux les gérer. Je parle de celle-là parce que c’est celle que moi je connais.

3. L’exposition

L’exposition est aussi utilisée dans le traitement des phobies. En gros, c’est affronter ses peurs de façon graduelle. Je dis peur, mais ça peut être (ce l’était dans mon cas) une situation anxiogène. Par exemple, si pour toi les bains de foule sont anxiogènes, la première étape sera peut-être de prendre 5 minutes chez toi, par jour, pour t’imaginer, les yeux fermés que tu es dans une foule. Je serai honnête, c’est un processus inconfortable. Je n’ai pas été capable de le faire la première fois que ma psy me l’a demandé et j’ai même manqué le rendez-vous d’après tellement j’étais honteuse de ne pas l’avoir fait! Elle a tout de suite deviné et m’a rassurée (je n’étais pas la seule…). Lorsque s’imaginer dans un bain de foule ne suscitera plus ou presque pas d’anxiété, la prochaine étape pourrait être d’aller à un endroit où il y a des gens, mais pas trop. Encore une fois, d’y retourner jusqu’à ce que la situation ne cause presque plus de malaises et ainsi de suite jusqu’à prendre un vrai bain de foule. C’est en gros une désensibilisation et une façon de prouver à notre cerveau que non, ce n’est pas une situation de vie ou de mort, c’est seulement désagréable.

4. L’écriture

Je le nomme l’écriture parce qu’on n’y a pas donné de terme exact, et je ne veux pas dire de bêtises. En gros, j’ai eu une grille où, tous les jours, je devais écrire ce dont j’avais peur, ce qui me rendait anxieuse. Mon anxiété se passe beaucoup dans mon estomac et lorsque je suis stressée, j’ai d’énormes maux de ventre. Une peur récurrente sur ma grille était donc « avoir mal au ventre en allant au travail », par exemple. Ensuite, je devais noter de 1 à 10 à quel point ça me stressait. Cette grille, que je revoyais avec ma psy chaque semaine, m’a fait comprendre 2 choses. La première est que même si certaines choses me stressent, me font peur, elles se produisent au final rarement, surtout pour les trucs qui me stressent tous les jours. La seconde est que certaines choses, une fois notées sur le papier, me semblaient tellement absurdes qu’elles perdaient du pouvoir sur moi. C’est aussi une façon de voir quelles sont les sphères de la vie qui nous mettent en situations anxiogènes et qui seraient à travailler en priorité…

C’est un très bref topo, mais j’aurais bien aimé savoir dans quoi je m’embarquais. J’espère que ça vous éclaire, que ça vous donne peut-être envie de faire un bout de chemin ou simplement que ça vous aide à comprendre. Je sais que, malgré qu’il y ait encore de mauvaises journées, seulement le fait de comprendre le mécanisme à l’œuvre derrière mon trouble d’anxiété généralisée m’a aidée à éviter beaucoup de crises de panique et à mieux me gérer par moi-même, ce qui, en soi, est une réussite!

*Je rappelle que ce texte est basé sur mon expérience. Je ne suis pas une professionnelle de la santé ni une psychologue. Ce que j’ai écrit et ce que j’ai vécu, je ne dis pas que c’est toujours comme ça que ça se passe, que les termes sont les mêmes ou autres. Je vous recommande de consulter un.e professionnel.le au besoin.

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