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Mon petit bonheur solitaire

Voyager nous nourrit et nous fait grandir par sa façon de nous faire découvrir des endroits inconnus. Ça nous donne la chance d’en découvrir autant sur soi que sur nos aspirations dans la vie. Les voyages se font, pour beaucoup de monde, durant le temps des vacances. Ça permet de faire une pause pour sortir de la routine et du train-train quotidien. On revient les yeux brillants ayant mille choses à raconter. On casse les oreilles pendant les semaines suivantes à notre entourage sur les merveilleuses aventures qui nous sont arrivées.

Mais qu’en est-il quand voyager fait partie de sa routine de vie?

Là où je veux en venir, c’est que mon travail implique beaucoup de voyagement et je le fais par choix. J’adore découvrir de nouveaux endroits, car notre région du Québec est vraiment très vaste et remplie de petits trésors cachés. J’ai réalisé, dans la dernière année, que j’ai une assez grande capacité d’adaptation et que je suis de nature très curieuse. Je me considère chanceuse d’avoir un emploi qui me permet de profiter de mes aptitudes tout en étant très stimulant.

Ce volet m’amène, comme tout le monde qui voyage, à faire des rencontres imprévues, à vivre des moments exceptionnels, à faire des découvertes grandioses.

Je vis tout ça, mais en étant très solitaire.

Lorsque je reviens dans mon petit coin de pays, parler de ces moments-là me donne une vague impression que mon entourage ne me comprend pas ou n’est pas réellement intéressé. Parce que moi aussi, il m’arrive les mêmes problèmes et les mêmes casse-têtes au boulot que tout le monde. Mais quand je reviens, j’ai envie de partager le merveilleux. Je n’ai pas envie de déblatérer le morose de mes journées.

J’ai vite compris que ce n’est pas intentionnel, l’indifférence de mes proches en lien avec ce que je vis à l’extérieur. C’est plutôt parce qu’ils ne sont malheureusement pas impliqués dans ma routine de vie quotidienne comme quand je travaillais dans la ville de Québec. Il est difficile pour eux de se mettre à ma place. Ce qui m’amène à me sentir comme une éternelle voyageuse.

Dans le passé, j’ai longtemps été cette personne. Cette personne qui regardait son amie revenue de je ne sais quel pays, expliquant ses anecdotes et ses multitudes rencontres mais en se disant intérieurement que ça ne l’intéresse pas. Pas que j’étais jalouse ou envieuse, non, juste totalement indifférente, car je ne comprenais pas tout ce que ça impliquait de partir comme ça, à l’extérieur, pour le travail. Je ne comprenais pas tout cet engouement et cette excitation. Il y avait une petite flamme dans ses yeux qui était difficilement partageable.

Aujourd’hui, je comprends.

J’ai compris qu’il y a des moments dans la vie qui sont là pour être savourés et garder en souvenirs personnels. Des moments si forts et palpables dans le bonheur qui ne se racontent tout simplement pas. Des moments magiques qui sont gravés dans notre mémoire et utiles à se remémorer quand la vie est plus difficile. Des moments qui nous prouvent que la vie est faite pour être vécue à 100% et que le meilleur est toujours à venir. Ces moments-là, uniques, que la vie nous donne en cadeau, qui ne sont pas faits pour être racontés mais tout simplement vécus. Car quand les mots sont incapables de décrire l’intensité d’une situation ou d’un événement, c’est là qu’on sait qu’on est réellement vivant.e et au bon endroit. Je l’appelle mon petit bonheur solitaire. Et pour le moment, c’est suffisant!

Crédit photo : Rebecca Savard

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