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Vivre sa vulnérabilité

Je ne sais pas si je suis la seule, mais j’ai souvent essayé d’éviter de me mettre dans des situations qui me mèneraient à me sentir vulnérable. Vous savez le sentiment d’être le/la mouton noir parmi une gang de moutons blancs, d’être cette personne qui patine en sens inverse, celle qui dit non alors que tous et toutes disent oui, ou celle qui demande de l’aide lorsqu’elle se sent impuissante? C’est de ça que je parle. Une situation qui nous expose à nu aux autres, qui nous fait sentir petit.e dans nos shorts.

Pour chacun, la vulnérabilité peut se traduire par différentes situations. Pour certain.es le sentiment surgit lorsqu’ils ou elles doivent parler devant un public et pour d’autres, c’est lorsque qu’ils ou elles doivent défendre leurs opinions ou prendre position. Pour moi, les fois où la vulnérabilité m’a fait le plus suer, c’est lorsque que je me devais de m’ouvrir émotionnellement. Parler de mes sentiments et m’ouvrir à l’amour sont probablement les choses où je me mets des barrières le plus rapidement.

Je me suis rendu compte que le réflexe que j’avais, quand je me sentais vulnérable, était de refuser d’y faire face et d’admettre que j’étais dans une situation qui me mettait mal à l’aise. Au lieu de foncer malgré mes peurs, j’ai plus souvent qu’autrement fait demi-tour.

Aller de l’avant dans une relation amoureuse, par exemple, me faisait sentir faible et insécure. Comme si je n’allais pas en retirer quelque chose de bon et que tout ce que j’obtiendrais au final serait de la peine et des blessures. C’est en voulant me protéger que, d’un revers de la main, je repoussais l’amour comme une vieille guenille, me bloquant ainsi toutes les joies que ça aurait pu me procurer.

S’admettre vulnérable est loin d’être facile. Souvent, on s’emplit de honte devant une bouffée de fragilité. Pourtant, on a beaucoup à gagner à affronter ce sentiment. On veut tellement être fort.e et confiant.e qu’on oublie qu’on n’a pas toujours besoin d’être parfait.e. C’est correct de ne pas être à la hauteur, c’est correct d’avoir des incertitudes et c’est correct d’avoir peur de prendre des risques. Ressentir n’est pas une faiblesse. Nos émotions font de nous la personne que nous sommes. L’humain n’est pas que blanc ou noir. Au contraire, on est habité par un vaste éventail de couleurs et ce sont justement les différents tons et les différentes teintes propres à chacun.e qui font la beauté de l’humain. Souvent, ce qui fait la beauté d’une peinture, c’est son jeu d’ombres et de lumières. Soyons lumière, soyons ombre, mais surtout, soyons fiers et fières de ce que nous sommes. Arrêtons de vouloir taire nos sentiments qui nous rendent inconfortables et ayons le courage de les comprendre et de vivre pleinement toutes les situations qui se mettent sur notre chemin.

Il n’y a rien de honteux à être fragile. Je crois qu’il faut seulement apprendre à utiliser cet état comme outil. Je crois même que la confiance en soi prend sa source directement en notre capacité à gérer notre vulnérabilité, parce que vivre ce sentiment sans réserve, c’est de s’exposer véritablement pour qui l’on est, sans masques et sans artifices. Et c’est à ce moment-là que l’on peut commencer à s’aimer véritablement.

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