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Je care.

Un petit mot tout simple, utilisé bien souvent à la va-vite, sans trop de considération.

Care est un mot difficilement traduisible en français.

Il peut vouloir dire sollicitude, soin, attention, responsabilité, souci, compassion, prévenance.

Dans les années 80, Carol Gilligan, puis d’autres féministes à sa suite, ont contribué à créer une philosophie de l’éthique du care. C’est un sujet hautement intéressant, comme l’histoire de la formation de cette philosophie, mais ça peut être plutôt théorique. Je vous invite à lire ça et ça pour commencer si vous voulez en apprendre plus. Ces réflexions vont jusqu’à tenter d’imaginer et même de mettre en place une « Société du care ». La formule souvent utilisée amène à vouloir faire un monde où l’on serait les uns AVEC les autres plutôt que les uns CONTRE les autres.

Le Care est souvent associé au féminin. Ses caractéristiques sont associées au caractère maternant et plusieurs essentialistes vont même jusqu’à dire qu’elles sont intrinsèquement liées aux femmes (ou personnes socialisées comme femmes). Une femme est douce, une femme prend soin d’elle et des autres, une femme est attentive, attentionnée, une femme compatit, une femme est prévenante, une femme est soucieuse des autres, une femme est remplie de care. Or, plusieurs féministes ayant travaillé sur le concept de care (dont Carol Gilligan) constatent que ce sont des comportements sociaux appris, et ils diffèrent d’une société à l’autre. Les personnes assignées femmes devraient apprendre des notions de care, alors que les hommes seraient socialisés à développer une morale personnelle, liée à la compétition et à la liberté individuelle.

Le travail autour du care est généralement porté par des personnes socialisées comme femmes : éducatrice à la petite enfance, infirmière, préposée aux bénéficiaires, psychologue, coiffeuse, maquilleuse, massothérapeute, et j’en passe. Quoique plus le métier est bien rémunéré et confère un bon statut social, plus d’hommes le pratiquent.

C’est tellement ancré profondément en nous que le soin des autres est une « job de femmes » que beaucoup de ce travail n’est même pas reconnu comme tel : mère à la maison, ménage, charge mentale, travail émotionnel. Ça demande beaucoup d’énergie, tout ça !

Je rêve d’un monde où tous les enfants apprendraient à prendre soin des autres et d’elleux-mêmes, où ces personnes en vieillissant évolueraient dans une société qui se soucieraient des personnes vulnérables, où il y aurait moins de murs et plus de mains tendues, plus d’écoute et moins d’oreilles bouchées, plus de reconnaissance et moins d’oppression.

Je me sens terriblement hippie, fleur bleue, « I have a dream », « Imagine all the people » et tous ces autres rêves de fleur au bout d’un canon. Mais je care pour ça. Pour moi. Pis pour vous.

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