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L’amour, c’est quand tu comprends que l’autre t’appartient pas

C’est un professeur que j’ai eu qui nous avait dit ça : « L’amour, c’est quand tu comprends que l’autre t’appartient pas. »

Il avait lâché ça pour rassurer un de mes collègues de classe qui venait tout juste de tomber célibataire. J’ai toujours trouvé que « tomber en amour » et « tomber célibataire » sont des expressions bien choisies, parce que quand on tombe, ça fait toujours un peu mal, on regarde autour pour être sûr que personne nous a vu avoir l’air cave, on se met un plaster pis on continue on boitant.

Sur le coup, j’avais pris ses paroles comme une bouée de sauvetage. À l’époque, j’étais dans un genre de relation ouverte où on était plus occupés à se faire des reproches qu’à se faire du bien et j’avais sûrement texté mon chum pas chum pour lui citer le dicton déjà prémâché (pas rushante, la fille).

C’est drôle parce qu’aujourd’hui, quelque chose comme trois ans plus tard, je pense encore souvent à cette phrase-là, mais ma perception est devenue bien différente.

« L’amour, c’est quand tu comprends que l’autre t’appartient pas. »

Avant, je pensais que ça avait rapport avec moi, que c’était ma liberté que l’autre se devait de respecter. L’autre devait être et faire comme je l’entendais et s’il ne le faisait pas, c’était parce qu’il ne m’aimait pas pour qui j’étais moi. C’était d’exiger pas mal de choses qui sont pas sensées s’exiger en amour. Je me comprenais mal moi-même et j’avais désespérément envie que quelqu’un d’autre me déchiffre mieux que j’arrivais à le faire.

Et aujourd’hui, je me dis que ce que ça veut vraiment dire au fond, c’est que l’amour que tu portes à l’autre, c’est toi qui le choisis.

La phrase, elle s’adressait à moi, pas à l’autre.

L’amour, le grand le beau le doux le confus, il est sain quand il t’appartient, quand toi tu le contrôles et le gères, quand tu déverses pas tout ton cœur et ton âme entre les mains de ton partenaire. Lui demander de prendre soin d’un œuf avec coquille est pas mal plus évident que de lui casser le coco entre les mains et de lui dire « astheure, prends soin de moi ». Des plans pour finir avec le jaune crevé.

L’amour, c’est s’aimer soi au moins égal qu’on aime l’autre. C’est pour ça qu’il ne nous appartient pas, parce qu’on l’aime pour ce qu’il est tout en s’aimant pour ce que nous on est aussi.

On fait peut-être pas d’omelette sans casser des œufs, mais j’suis OK avec le plan d’être un œuf cuit dur pendant mille ans dans une mijoteuse avec toi.

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