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Est-ce qu’il y a une bonne manière de vivre?

Je cherche toujours l’approbation des autres quand je dois prendre des décisions. Je me suis quand même amélioré avec le temps. Genre aujourd’hui, je suis capable de choisir quoi manger pour souper, sans me laisser mourir de faim. Mais bon… même dans cette situation, j’ai de la misère à choisir et souvent ça se résume à prendre 4 ingrédients que j’ai au frigo, un peu au hasard quand j’ai tellement faim que j’ai mal au ventre pis que je suis un peu étourdie. Parce que si j’ai vraiment, mais vraiment faim, c’est un peu plus facile de choisir ce que j’ai envie de manger, non ?

Dans la vie, je fais à peu près la même chose. J’observe minutieusement toutes les possibilités et je prends la décision lorsque je n’ai plus vraiment le choix de choisir. L’avantage, c’est qu’il n’y a aucune décision qui n’est prise à la légère, étant donné que j’y réfléchis quelques jours/semaine/mois d’avance. L’inconvénient, c’est que je dois en parler au plus de gens possibles, pour avoir le plus d’opinions possibles pour m’assurer que mon choix est le meilleur, que c’est ce que je dois faire. 

En fait, c’est surtout que je ne sais jamais si ce que je fais est bien, si c’est ce que je veux réellement, ou si les deux trucs concordent. Durant les premières semaines de ma psychothérapie, il y a environ 2 ans et demi, je m’attendais à ce que mon psy me dise quoi faire. Je lui posais des questions où je m’attendais à des réponses spécifiques et il ne m’en donnait jamais. Ça m’a vraiment frustré les premiers temps. 

Je me suis toujours dit que le secret du bonheur était sûrement une recette à suivre, un peu comme réussir son pain aux bananes. Se rendre à l’université, être en couple, avoir un bon cercle social, une job qu’on aime et des activités à faire. Malgré le fait que je dérivais un peu de la « normalité » sur l’envie d’avoir des enfants, une maison ou l’American Dream, je dois avouer que je croyais à une recette, quand même, déjà toute-faite.  

Mais bon, avec mon psy, on s’est rendu compte que je restais souvent dans des situations où je n’étais pas particulièrement bien.

Je ne m’en étais pas rendu compte avant, parce que je croyais que je faisais ce qu’il « fallait faire. » Si pour être heureuse, je dois faire ça, je peux ben supporter un peu des situations où je ne suis pas bien. Anyway, j’ai toujours dû m’adapter. Je suis la différente, je suis habituée, c’est la vie… mais finalement, si je suis dans des situations où je ne suis pas particulièrement bien, est-ce que c’est vraiment ça ma route vers le bonheur? Ma limite entre ce que je suis supposée faire et ce que je veux vraiment faire, elle est où? Si j’ai une bonne job, qui est bien réputée et qui paie bien, mais que je ne suis pas si bien, je la garde ou pas? Pourtant, c’est bien un des ingrédients de la recette du bonheur, cette job tant convoitée…

Donc, depuis quelques années, j’essaie de définir les limites: ce que je « devrais faire », versus ce que je veux réellement. Le plus difficile, c’est qu’étant donné que je suis en marge, les personnes en qui je peux me reconnaitre sont rares. Je me cherche des modèles, des exemples concrets, pour être sûre que je ne suis pas dans le champ dans mes décisions. Que ce que je fais va vraiment me mener vers le bonheur et pas m’enfoncer plus loin dans mon gouffre.

Pis au fond, je ne sais pas non plus ce que je veux vraiment. Je ne suis pas habituée à travailler à mon bonheur et être la variable principale. Parce que d’habitude, c’est moi qui m’adapte aux autres. Parce que d’habitude, je travaille au bonheur des autres. J’en ramasse les conséquences, positives et négatives. Et là, je dois travailler sur le mien, mes besoins et mes envies, aussi anormaux peuvent-t-ils être, et essayer de m’assurer que c’est la bonne chose à faire, peut-être pas du point de vue de la société et la normalité, mais du point de vue de moi. Et je vous avouerais que je suis un peu perdue.

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