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Suivre la raison ou la passion?

Vendredi après-midi. Je regarde à travers la fenêtre du train les paysages défiler sous mes yeux, assez rapidement pour que je me perde devant le vert continu.

Je feel moyen.

Le ciel dehors est maussade. Mes jeans sont trop serrés, je savais que j’aurais dû prendre la taille plus grande pour ne pas avoir ce mal de bedon quand je m’assois.

J’ai un ti-peu la grisaille.

Pourtant, l’entrevue s’est bien passée. On s’est serré la main, on a ri, on a jasé de mon parcours professionnel, on a parlé du poste, de l’équipe, des prochaines étapes du processus d’embauche.

C’était une belle entrevue. Un bon poste. Un bon salaire.

Mais pourtant, là, dans mes jeans serrés, je feel moyen.

Parce qu’une idée me chicote depuis longtemps. L’idée d’officiellement lancer la compagnie que je bâtis depuis quelque temps. Après tout, les fondations sont créées. Tout est quasi prêt. Il ne me reste qu’à peser sur GO. Rendre ça officiel. Lancer le projet dans la jungle urbaine.

Mais ce serait sauter dans l’inconnu. Ne pas garantir des revenus stables. Ne pas savoir si je vais avoir une paye aux deux semaines. Devoir demander à mon copain de parfois devoir palier mon manque d’argent du mois.

Mais ça pourrait aussi vouloir dire des rentrées d’argent significatives. Du succès. De l’épanouissement. Des rêves qui deviennent réalité. Une passion qui se transforme en carrière.

Les arbres continuent de défiler sous mes yeux. Lentement, les fenêtres accueillent des gouttelettes d’eau qui embrouillent notre champ de vision.

Mon cellulaire émet un son – un courriel.

Un courriel du recruteur. M’annonçant avec joie que la compagnie aimerait me faire passer à la prochaine étape du processus.

Je suis contente. Mais tourmentée aussi.

C’est un beau poste, après tout. Gratifiant. Avec de belles perspectives d’avancement. Qui sait, peut-être serais-je en mesure un jour de diriger le département au complet. J’apprendrais énormément auprès de cette entreprise. Je deviendrais une experte dans mon domaine. Je garantirais des revenus fixes. Je pourrais cotiser pour ma retraite. J’aurais des vacances payées. Je serais bien.

Ça me chicote.

Je dépose mon cellulaire dans mon sac à main, puis regarde à travers la fenêtre du train. Je me perds dans les paysages. Je me perds dans mes pensées.

Suivre ma raison ou suivre ma passion?

Crédit photo couverture : Madeleine Ragsdale pour Unsplash

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