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L’école m’a motivé à me lever chaque matin

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L’école a toujours été importante pour moi. Malgré le fait que je n’ai jamais eu une tonne d’ami.es, et que mon parcours social à l’école a parfois été plus difficile, je ne fais pas de lien entre ces moments difficiles et l’école. En fait, c’est d’aller à l’école qui me gardait en vie. 

Plus jeune, ce que j’en retirais le plus, c’était la satisfaction des autres par rapport à mes résultats scolaires. J’ai toujours eu de la facilité à l’école et une certaine soif d’apprentissage. À la rentrée au secondaire, mes motivations ont changé un peu. Je voulais être heureuse et tous les modèles de société que j’estimais avaient été à l’école longtemps, donc c’est devenu ma raison pour me lever le matin. Ça d’l’air gros, quand je dis que j’avais de la misère à me lever le matin, mais il faut savoir que j’ai un TAG et que j’ai souvent des symptômes dépressifs, et avant d’accepter tout ça et de consulter pour m’aider, l’école a été ma béquille et ma raison de continuer. 

Une des raisons qui ont fait que l’école était suffisante (ou que je ne me concentrais que sur ça), c’est mon égo. Dans une situation où il y a beaucoup de pression et d’autres personnes concernées, je me dis toujours que je ne dois rien prouver à personne, donc si quelque chose est trop difficile, je laisse tomber. Dans le cas où la seule personne concernée, c’est moi, je suis très dure envers moi-même. Ça a ses avantages et ses inconvénients, comme le fait que je n’ai jamais arrêté l’école, malgré mes troubles mentaux qui m’empêchaient de fonctionner normalement, car j’utilisais toute mon énergie dans mes études. Symptômes dépressifs graves, irritabilité, et ressembler à un légume sur mon divan résumaient pas mal mes journées dans ce temps-là, à part mes responsabilités scolaires et les quelques projets que j’entreprenais. 

Il y a aussi l’an dernier où je n’allais vraiment pas bien. J’avais 2 choix: lâcher l’école pour 1 an afin de me refaire une santé mentale, parce que je ne pouvais continuer sans avoir peur pour ma vie, ou continuer l’école et trouver un moyen de relâcher la pression qui, je savais, allait être un tantinet auto-destructrice. J’ai choisi la 2e option et j’ai été emporté par une vague d’alcoolisme pendant 6 mois. J’avais mon psy chaque semaine et mes 3-4 soirs par semaine à boire presque qu’un 40 oz seule. Ç’a été rough. Je n’ai pas eu les meilleurs résultats scolaires, mais j’ai survécu. Là je vais bien, je suis heureuse, j’ai passé à travers et je ne bois plus de 40 oz seule (mon foie me remercie). 

Bref, mon égo ne m’a pas fait prendre les meilleures décisions, mais je ne sais pas si j’aurais été capable de me pardonner la première option (je sais, c’est lourd).

Malgré ces derniers épisodes, l’école m’a aidé à savoir qui je suis. Genre, s’avoir qu’étudier pour être avocate à McGill pour faire plein d’argent c’était peut-être pas mon idéal. Faire mon DEC en art visuel et avoir ben du fun était clairement une meilleure option pour moi. Pis étudier en design graphique, même si je ne veux pas devenir graphiste, pour travailler dans des milieux qui m’allument, aussi. 

Aujourd’hui, je n’utilise peut-être plus le théorème de Pythagore, mais sans aucun doute, l’école m’a appris qu’il y a toujours différentes façons d’arriver à une réponse, ou encore que ce n’est pas la réponse finale qui compte, mais le développement (merci les maths, de m’aider en création aujourd’hui). J’ai aussi appris qu’une affirmation ne vaut rien si elle n’est pas bien argumentée (merci, cours de français et production écrite). Finalement, mes modèles ont toujours été mes profs et je leur serais éternellement reconnaissante de m’avoir influencée par leurs parcours et par les quelques sages paroles qui m’ont marquée pour le reste de ma vie,  comme «Ça va arriver souvent que les gens ne comprendront pas ton résultat final, mais le travail que tu fais est toujours vraiment bien et complexe. Donc, au final, t’auras le choix, soit de faire à ta façon ou de faire comme les autres… et je préfère que tu le fasses à ta façon…» 

C’est qui m’a mené à une illumination il y a quelques années déjà; moi aussi, j’aimerais avoir cet impact. Donc, on verra bien où mon parcours va me mener, mais je ne vais peut-être jamais vraiment quitter l’école, finalement.

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