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Se soutenir à l’international


Source : Unsplash

Je me souviens de la première journée d’un de mes cours à l’université. Le professeur nous a demandé de nous présenter et de parler d’une expérience qui a marqué notre vie. Les voyages mémorables et le bénévolat à l’international étaient parmi les expériences les plus marquantes qui ressortaient dans la classe.

Puis, il y a eu cette étudiante qui a tenu à préciser son point de vue sur le sujet. Elle expliquait que, malheureusement, ce type de voyage d’aide international pouvait être pratiqué par des personnes désirant augmenter leur estime ou bien paraître aux yeux des autres. Bien évidemment, la majorité de la classe était outrée. Aucun n’avait fait ce voyage avec une intention selfish. Elle a continué en expliquant que, par exemple, lorsqu’on décide de participer à un voyage d’aide humanitaire pour construire une école dans un pays plus défavorisé, on apporte les ressources (l’argent), mais en construisant nous-mêmes les écoles, on prend les emplois que des personnes locales sont très aptes à pratiquer. Effectivement, ils n’ont pas l’argent pour bénéficier de bons matériaux et d’équipement, mais ils ont la main d’œuvre et les capacités.

Je me suis donc mise à penser à ce sujet et je me suis renseignée. Avec les connaissances que j’ai acquises, j’ai pu mieux comprendre l’aide internationale et ses différents concepts.

Depuis quelques années, les concepts de  « volontouriste » et de « syndrome du sauveur blanc » ont été abordés. Ces concepts se définissent surtout par une relation de pouvoir. On peut notamment apercevoir ces phénomènes sur les réseaux sociaux par des égoportraits sur lesquelles le/la bénévole est entouré.e de personnes vulnérables (ex. : prendre une photo avec des enfants africains dans l’optique de bien paraître). Dans ce cas-ci, la relation n’est clairement pas égalitaire, ce qui crée un sentiment de supériorité chez le/la bénévole et un sentiment d’infériorité chez les individus de la communauté. Cette relation est alors très bénéfique pour le/la bénévole et son image. Ce n’est clairement pas une attitude à adopter et il faut en être conscient. Évidemment, les motifs doivent être bons. Embellir son CV n’en est définitivement pas un.

Ce qu’il faut comprendre lorsqu’on participe à un voyage d’aide internationale, ce sont nos motivations et notre attitude adoptée envers les personnes de la communauté « aidée ». Il faut les voir sur un pied d’égalité et accepter que l’aspect financier est indéniable : c’est la raison principale qui explique notre présence dans leur pays. En réalité, ils n’ont pas besoin de nous et encore moins qu’on leur dise quoi faire. En fait, certains ont probablement les capacités à réussir autant dans la vie que nous s’ils avaient reçu la même éducation. Ils n’ont juste pas accès aux ressources pour avoir une éducation aussi poussée qu’ici. Toutefois, en tant qu’individu, on peut leur apporter certaines de nos connaissances afin de les appuyer. Ainsi, en arrivant sur le terrain, il ne faut pas arriver et leur dire quoi faire, mais leur dire : voici mes compétences, qu’est-ce que tu veux que j’en fasse ? Il est question de soutien et d’appui. Il faut percevoir l’autre comme ayant des apprentissages différents de nous. Ainsi, il est bénéfique pour toi et ces individus de faire des échanges culturels parce que, je te le jure, ils ont plein de choses à t’apprendre également ! Il est alors question d’une relation basée sur la coopération et le mutualisme qui va pouvoir être profitable à tout le monde.

Il est donc primordial de bien comprendre les motifs et les attitudes qui sont influencés par la façon dont on perçoit l’autre afin de vivre une vraie expérience enrichissante.

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